Rencontre Talon – pharmaciens : Un dossier encore plein de brouillard et d’incertitudes

Rencontre Talon – pharmaciens : Un dossier encore plein de brouillard et d’incertitudes

La magie et la force de la communication résident dans la capacité à faire voir la victoire là où l’échec est patent, la vérité là où le doute est évi

Pour outrage au chef de l’Etat un citoyen incarcéré, le Ca de Glo-Djigbé, en garde à vue

La magie et la force de la communication résident dans la capacité à faire voir la victoire là où l’échec est patent, la vérité là où le doute est évident.

La rencontre du chef de l’Etat avec les pharmaciens et les grossistes répartiteurs, a été présentée comme une cérémonie au cours de laquelle les mis en cause c’est-à-dire les grossistes répartiteurs sont allés confesser leurs péchés et ont à l’occasion sollicité la clémence du prince afin que leurs jours se prolongent ici bas. Ce cliché marketing de cette rencontre est de nature à faire oublier le caractère énigmatique de ce dossier qui recèle encore de nombreuses zones d’ombre et des points à élucider.

Si l’on s’en tient aux comptes rendus servis par différents médias sur la rencontre entre le chef de l’Etat avec les pharmaciens et les grossistes répartiteurs, on serait tenté en toute naïveté de penser qu’on sait déjà tout sur dossier. Ce d’autant plus qu’avec des images à l’appui, les millions de téléspectateurs, ont entendu des grossistes répartiteurs reconnaitre leurs fautes et implorer le pardon pour que l’épée de Damoclès cesse de planer sur leurs têtes. Mais ce scénario digne d’un film hollywoodien, n’est que la face visible de l’iceberg qui cache le vrai visage de ce dossier qui présente encore de nombreuses zones d’ombre. La mauvaise foi des metteurs en scène de ce scénario est d’abord le refus d’informer l’opinion sur le fait que ladite affaire est encore pendante devant la justice. Qu’elle a juste connu un premier épilogue avec le jugement rendu par le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Un jugement qui a condamné les grossistes répartiteurs assignés, à des peines d’emprisonnement ferme avec des amendes individuelles et collectives. Les scénaristes ont refusé au cours de leur mise en scène d’informer l’opinion de ce que cette condamnation au niveau du tribunal de première instance n’est pas définitive et que la défense a interjeté appel et que le procès doit se poursuivre en appel.

Questions à 1 million de dollar

Comment comprendre qu’une affaire qui doit se poursuivre en justice au niveau de la cour d’appel fasse l’objet d’une conciliation ou de « mea culpa » ? Comment les conseillers du chef de l’Etat l’ont-ils laissé se prononcer sur une affaire sur laquelle qui doit se poursuivre devant la Cour d’appel? Est-il juridiquement admissible que pour une affaire encore pendante devant la justice, que le chef de l’Etat fasse un jugement de valeur favorable ou défavorable sur une des structures mises en cause comme cela a été le cas avec New Cesamex ? Des observateurs et analystes continuent à se gratter les méninges pour comprendre le sens et la portée de cette rencontre du vendredi 30 mars 2018 au Palais de la Marina ? Puisque selon le principe cher et toujours clamé par le chef de l’Etat, celui de la séparation des pouvoirs, le président de la république ne peut pas s’immiscer dans des affaires traduites en justice. En considérant ce principe au nom duquel le chef de l’Etat demande souvent de laisser la justice faire son travail, on est surpris par l’organisation de ce show télévisé de vendredi dernier. Etait-il organisé pour dire que la suite du procès se décide désormais au Palais de la Marina ou pour inviter les mis en causeà venir reconnaitre leurs fautes et entrer ainsi en négociation pour trouver d’autres formes de condamnation ?

Le grand mystère

Toujours est-il que même parmi les acteurs retenus pour ce film court métrage, il y en qui ont refusé de répéter les dialogues contenus dans le scénario et qui ont parlé en âme et conscience en disant ne pas se reconnaitre dans ce capharnaüm de mauvais goût. Cet acteur rebelle aux dialogues imposés aux acteurs, a clairement dit que sa structure ne s’associe pas à ses séances de salamalecs. Parce qu’il reste convaincu que ce qui est reproché aux grossistes répartiteurs, c’est-à-dire le fait de s’approvisionner auprès d’un fournisseur « illégal », New Cesamex, relève plutôt de la défaillance de l’administration. Sa prise de position rappelle celle de

l’intersyndicale des pharmaciens du Bénin qui au lendemain du verdict prononcé en première instance, avait dans un communiqué émis des doutes et de l’étonnement sur ce verdict en évoquant surtout le motif avancé par le tribunal. L’intersyndical avait aussi marqué son étonnement sur la relaxe du directeur de la pharmacie, acteur incontournable dans la délivrance des autorisations d’enlèvement des produits. Il en est de même de la douane qui n’a pas du tout été citée dans ce dossier.

Elle qui pourtant vérifie avant d’accorder l’entrée des médicaments sur le territoire béninois : l’autorisation d’enlèvement du Dpmed, la facture du fournisseur et le connaissement. En exemptant la douane de ce dossier avec l’argument que le laboratoire New Cesamex n’existe ni en Inde ni au Congo, et que par conséquent les médicaments fournis sont fabriqués à l’intérieur du territoire, il faudra qu’on explique aussi l’opinioncomment le directeur de la pharmacie a pu signer à des structures des autorisations d’enlèvement de produits de New Cesamex à la douane ? Autant de questions et bien d’autres qui semblent donner raison à ceux qui pensent que ce dossier de faux médicaments est une nébuleuse, une affaire qui cache et dissimule d’autres enjeux et intérêts.(Affaire à suivre).

Sur quelle base New Cesamex a-t-elle été autorisée à exercer au Bénin ?

S’il y a une information que les participants à la rencontre avec le chef de l’Etat ont retenue, c’est bien l’inexistence du laboratoire de New Cesamex. Le chef de l’Etat a affirmé que ce fournisseur de médicaments aux grossistes répartiteurs n’existe ni en Inde ni au Congo comme le soutiennent les mis en cause. Mais cette assertion du chef de l’Etat constitue pour beaucoup d’acteurs dans le secteur des médicaments, une révélation troublante. Troublante parce que ce fournisseur déclaré aujourd’hui inexistant, a reçu des autorisations de la part des autorités du pays pour livrer des médicaments aux grossistes répartiteurs. Les acteurs se demandent aussi comment une entreprise qui n’existe pas a pu voir son contrat d’agrément renouvelée en 2017 ? A supposer même que ces allégations soient vérifiées, de quels moyens disposent les entreprises privées pour vérifier l’existence légale d’un fournisseur autorisé par l’Etat ?

L’autre aspect préoccupant de cette révélation porte sur le fait que cette information n’ait pas été versée dans le dossier de l’accusation, mais que cela soit plutôt dit dans le cadre d’une rencontre qui risque d’avoir une incidence sur la suite du procès. Puisque si on accorde du crédit à cette assertion, cela mettra en évidence la défaillance de l’administration de permettre à un fournisseur inconnu d’exercer. Au final, cela dédouanerait les grossistes répartiteurs et mettrait l’Etat devant ses responsabilités.

Commentaires

Commentaires du site 14
  • Avatar commentaire

    Tes écrits n’emousserons pas la rupture.

  • Avatar commentaire

    Titre de mercenaire. Le peuple est mûr. Tu as échoué éééééééé.

  • Avatar commentaire

    Trafiquant de faux médicaments en herbe. La rupture vous a démasqué. En avant le nouveau départ.

  • Avatar commentaire
    Monwè Il y a 6 mois

    c’est la justice qui va réorganisée la secteur des médicaments. non non et non elle est la pour situer les responsabilités et punir. A moins que Olla OUMAR et consorts lui ont attribué un nouveau rôle.
    si tant vous connaissez les vrais responsables alors la allez porter plainte avec vos preuves pour que justice soit faite.
    Et arrêtez de vous substituer au juge. Depuis 60 ans vous ne faites que ça on est à quel niveau de développement dites le moi les sachants et donneurs de leçon

  • Avatar commentaire
    Monwè Il y a 6 mois

    Ce que je lis sur ce forum est pathétique. Ce problème de médicaments date de quand? quand vous aurez situé le moment vous trouverez facilement les autorités(DG douane, Ministre de la santé et autres). Franchement vous êtes sérieux les gars parce que la justice s’occupe du volet pénal donc le gouvernement doit croiser les bras et attendre. J’ai l’impression que vous ne vous entendez pas parler sinon vous allez vous rendre compte de vos incongruité.

  • Avatar commentaire

    Sur ce coup,il faut avouer que Talon s’est montré convaincant. Nos pharmaciens ont perdu leur latin et se contredisaient devant le chef de l’Etat.C’était vraiment difficile pour nos grands universitaires pharmaciens qui ont été proprement humiliés.

    • Avatar commentaire
      Madampol Il y a 6 mois

      Ça faisait mal au coeur de les voir se confondre en salamalecs pour apaiser le grand chef. Ils sont fautifs et le savent. Mais ils ne sont pas les seuls. Quant aux DG emprisonnés, ce sont les sacrifiés d’un très vaste scandale

  • Avatar commentaire

    sonagon ,napo, amaury..et ollah…vous etes tres bizzares tous…..!!!

    Vous vous…proclamez démocrates…tous…et parce que vous..épousez ce proncipe..depuis toujours…

    Dites nous en quoi…vos posts…et votre haine anti talon…sont pertinents…

    Vous ne vous attaquez jamais à l’élite…..qui sont à la base de tout..

    talon n’est qu’une conséquence……

    Il a bien battu mon candidat lz yayi…..et vous perdez votre temps à refaire la campagne…

    Dites nous…tous…puisque vos posts…prouvent que vous etes pas des démocrates

    moi..je peux me permettre de critiquer…parce que je conteste…fonadementalement….les fondements

    Vous allez me dire…talon..ne respecte pas..ses engagements…mais vous…et le peuple…n’étaient pas obligés de voter pour lui

  • Avatar commentaire
    Sonagnon Il y a 6 mois

    Lorsqu’on n’est pas apte pour assumer une responsabilité pourquoi on s’efforce à se maintenir ?

    Diriger un État moderne n’a plus rien à voir avec ce qui se passait dans nos sociétés traditionnelles où le Chef peut tout décider.

    Talon est un échec à tout point de vue.

  • Avatar commentaire
    OLLA OUMAR Il y a 6 mois

    Avec une telle contribution de Mr janvier Zocli , je ne désespère pas de mon pays . Ce monsieur a tout dit , talon et son régime devrait se garder de communiquer , sur une affaire encore pendante devant la justice , son but , étant d’humilier encore de plus ces pharmaciens hautement diplômés. 

  • Avatar commentaire
    Madampol Il y a 6 mois

    J’ai pris le temps de regarder sur YouTube une vidéo de plus d’une heure sur cette rencontre. Mon opinion: la faute de la corporation des pharmaciens est claire. Au minimum, ils ont agi avec légèreté. Et on parle ici de médicaments. Cette légèreté devient criminelle.
    Concernant l’État, et c’est là où les intentions de Talon m’inquiètent un peu. Le ministère de la santé et l’administration douanière ont été un peu trop facilement excusées. Ces deux institutions sont pleinement impliquées dans ce que nous allons appeler une fraude, concernant l’origine des médicaments New Cesamex. Que Talon n’ait pas pu s’en apercevoir pose problème. Toute sa démonstration au cours de la rencontre pour confondre les pharmaciens prouvait que le ministère et la douane ne pouvaient ne pas être informé

  • Avatar commentaire

    je vous apprécie beaucoup mais je sais pas si ce qui se passe dans la rédaction. nous parlons quand de santé publique, la santé de population de nos frères et sœurs parents et vous parlez de show télévisé. un problème de santé public jamais abordé par aucun gouvernement sauf celui de la rupture et vous trouvez du brouillard dans ce qui tue.vous trouvez que c’est le bout de l’iceberg mais l’article ne révèle même pas un bout de vos investigations.