Bénin : le FSP dénonce la mainmise de Patrice Talon sur les institutions de contre-pouvoir

Bénin : le FSP dénonce la mainmise de Patrice Talon sur les institutions de contre-pouvoir

Comme à l’accoutumée, la coordination du Front pour le sursaut patriotique a organisé une conférence de presse pour se prononcer sur les derniers sujets d’actualité. Parmi les dysfonctionnements constatés, le Fsp dénonce surtout la main mise du chef de l’Etat sur les institutions de contre-pouvoir.

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La coordination du Fsp par l’entremise de son porte-parole, Jean Kokou Zounon, qui présentait son propos liminaire, est revenue sur plusieurs faits d’actualité de ces dernières semaines. Le porte-parole a évoqué l’affaire Atao, en mettant l’accent sur le « kidnapping » du député un jour non ouvrable, pour le conduire manu militari à la prison civile de Cotonou. Le Fsp s’est étonné que le parquet par une alchimie juridique sans pareille, s’est spectaculairement fondé sur une plainte de la douane portant sur une supposée fraude douanière, pour délivrer un mandat de dépôt au député.

Cette prétendue fraude douanière étant rapidement qualifiée de flagrant délit. Toute chose qui a mobilisé les explications de Me Baparapé, membre de la coordination. Celui-ci a expliqué à la presse que même en cas de fraude douanière, selon les textes de la douane, le mis en cause n’est pas directement assigné en justice. On procède à la transaction, c’est lorsqu’elle n’aboutit pas que l’agent de douane fait un rapport au procureur de la république qui lui aussi requiert d’abord la transaction. Le procès ne survient que lorsqu’à ce niveau aussi, il y a eu échec.

Tel n’a pourtant pas été le cas pour le député, a-t-il laissé entendre. Puisque c’est sur le lit d’hôpital que le député a été informé qu’il est placé sous mandat de dépôt à la suite de la plainte de la douane. Me Baparapé appelle à voir derrière cette technologie de la création du motif, une envie morbide du pouvoir à jeter absolument le député derrière les barreaux. Il illustre cela par l’enlèvement dont il a été l’objet un dimanche pour être déporté à la prison civile de Cotonou au prétexte que le député malgré le dispositif de sécurité impressionnant qui était en faction au Cnhu, planifiait la fuite.

Me Baparapé appelle l’opinion à observer jusqu’à quel point le régime écarte la loi pour imposer sa volonté dans le cas de cette affaire Atao. Le Fsp reste également inquiet sur la désignation des représentants du parlement à la Cour constitutionnelle. A travers la désignation de Joseph Djogbenou par le parlement, le Fsp estime que le chef de l’Etat vient d’achever sa main mise complète sur les institutions de contre-pouvoir. Il ne se fait plus de doute des intentions du gouvernement à contrôler sans réserve la prochaine Cour constitutionnelle. Le Fsp parle alors de la déchéance de la démocratie.

Comme cela se vérifie aussi à travers ce que le Fsp a appelé : « la reprise à but publicitaire du dossier du chantier de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale ».Une mis en scène qui exaspère le Fsp qui constate que dans le rapport présenté au parlement par le ministre du cadre de vie et du développement durable, il n’y a pas de noms des entreprises mises en cause, ce qui était pourtant le cas pour l’ancien rapport. Par ailleurs, le Fsp trouve que le ministre qui a lu ce rapport est mal placé pour parler de malversations, puisque son propre département ministériel a été cité dans une rocambolesque affaire de surfacturation de 328 millions. Une dénonciation faite par l’autorité nationale de lutte contre la corruption qui n’a malheureusement pas trouvé écho favorable auprès du gouvernement qui a gardé un silence curieux.

Sur l’abandon des travaux de construction de ce nouveau siège, le Fsp trouve surprenante la décision du gouvernement en conseil des ministres, de procéder à la résiliation à l’amiable des contrats avec les entreprises comme pour dire qu’il n y aura pas de poursuites judiciaires véritables. Une injustice que relève le Fsp qui la compare à l’humiliation des instituteurs et des gendarmes pour des peccadilles. C’est cela la lutte contre la corruption sous la rupture. Celle qui expose et humilie les délinquants primaires, mais qui protège les grands criminels économiques.

Commentaires

Commentaires du site 1
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    Fsp . atrendez votre tour pour faire mieux que la rupture. ( Race de fanfarons)