Bénin : La Cdd dénonce les atteintes aux libertés et à la démocratie

Bénin : La Cdd dénonce les atteintes aux libertés et à la démocratie

Créée le 14 avril 2018 à Djeffa, la Coalition pour la défense de la démocratie qui regroupe plusieurs partis de l’opposition au régime Talon, s’est offert une seconde sortie hier jeudi 31 mai 2018, dans le cadre d’une conférence de presse que les dirigeants de cette coalition ont animée à l’hôtel Azalaî de Cotonou.

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Au menu, plusieurs sujets d’actualité sur lesquels la Cdd est revenue en détail. C’est l’He Valentin Djènontin, qui a lu le propos liminaire qui devrait servir de matière pour les échanges. Dans un document de six pages, le secrétaire exécutif des Fcbe a passé en revue plusieurs faits d’actualité. Il a relevé que la pression populaire et la pugnacité de la Cour constitutionnelle, ont fini par contraindre le gouvernement à instruire ses alliés de la majorité parlementaire à désigner leurs représentants au Cos-Lépi.

Avant d’en arriver aux faits actuels, la Coalition à travers la voix de Valentin Djènontin, a rappelé que dès les premiers jours de sa gouvernance, le président Patrice Talon a montré les couleurs. Pour mémoire, il a rappelé que c’est au cours du premier conseil des ministres que le chef de l’Etat a décidé de reprendre le contrôle exclusif du secteur du coton. Il a affirmé que le chef de l’Etat a étendu son désir de monopole sur l’ensemble des secteurs juteux. Il a regretté que c’est sans attendre la fin des procédures judiciaires que le chef de l’Etat a fait revenir le programme de vérification des importations, Pvi. Il s’en est suivi sous le prétexte fallacieux de lutte contre la corruption, une chasse aux opposants qui n’entendaient pas rejoindre la barque Talon. Le cas Laurent Mètongnon et coaccusés, et plus récemment celui de l’He Atao Hinnouho, en sont de parfaits exemples.

Sur ce député, la Coalition a dénoncé les conditions dans lesquelles il a été molesté, détenu puis envoyé de force en prison, tout ceci dans l’ignorance des textes et de son statut de député. La chasse à l’homme s’est poursuivie remarque la coalition, avec la demande par le gouvernement de la levée des immunités parlementaires pour des dossiers, levées que la Cour constitutionnelle avait déclarées contraires à la constitution. La coalition y voit des actes d’acharnement à l’endroit de ces adversaires politiques qui gênent. La coalition a aussi dénoncé des actes de musèlement de la presse.

La presse victime

Valentin Djènontin a cité dans ce sens la fermeture des organes de presse, le brouillage des fréquences de la radio soleil fm, et plus proche encore la suspension du quotidien La Nouvelle Tribune. La coalition se désole de l’instauration par le régime Talon d’un état policier, qui interdit l’expression des libertés. Elle mentionne la suspension des associations estudiantines, l’interdiction des marches pacifiques, l’érection des lignes rouges, la détention de prisonniers politiques et la contrainte de personnalités politiques à l’exil. La coalition a dénoncé l’instrumentalisation de la Haac qui a abandonné la régulation pour faire de la répression.

Une Haac qui selon la coalition ne s’autosaisit que pour des « actes attentatoires à la vie privée du chef de l’Etat … », mais qui est reste sourde lorsque les députés sont traités de vendeurs de faux médicaments, lorsque les opposants sont taxés de voleurs de la république ou lorsque les députés sont taxés de pilleurs. Une Haac qui n’a pas dit mot lorsque des personnalités proches du pouvoir ont tenu des propos désobligeants à l’endroit d’une autre institution comme la Cour constitutionnelle ! Mais la véritable inquiétude de la coalition porte sur le projet de loi sur le code électoral, qui ne date que de 2015 mais que le régime Talon veut curieusement modifier.

L’He Djènontin a pris comme illustration l’article 12 de ce projet, qui entend empêcher de nombreux citoyens de jouir de leur droit de vote, ou de participation aux élections. Pour toutes ces raisons, la coalition appelle les citoyens à la vigilance pour barrer la voie à ce projet de code électoral qui constitue un attentat à la démocratie. De même, la coalition demande le rétablissement de la fréquence de Soleil Fm, la levée de la suspension de la Nouvelle tribune, le retour des exilés politiques au pays, la libération des détenus politiques et la fin des atteintes aux libertés et à la démocratie.

Commentaires

Commentaires du site 9
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    Nous jeunes attendons le mot d’ordre pour Descendre dans la rue.

    Vive le printemps beninois

     

     

    Ou encore,  l’armée peut aussi se prononcer non ? Sont-ils pas des beninois ??

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    Sonagnon Il y a 5 mois

    Patrice Talon ne peut pas mettre fin à une procédure judiciaire dans le dossier PVI, et se fait un autre contrat à son seul avantage et vouloir se faire passer pour quelqu’un qui lutte contre la corruption.

    Dans un pays sérieux, cet homme ne devrait plus être à la tête du Bénin.

    Que des gens fassent impasse sur tout ce qui a rapport à Patrice Talon et pensent qu’il fait du bon travail dans la lutte contre la corruption me met hors de Moi même !!!

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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    Samuel , de 83 deputés , ils sont passés à 99 maintenant ? Pendant que tu y es , donne la totalité des deputés à talon 😡 Espèce de gros mouton

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    Samuel Il y a 5 mois

    Que nos chers n’ont qu’a se reposer; Nous les avons vu pendant 10ans avec un KO INOUBLIABLE. c’est votre tour de subir se KO maintenant d’abord a partir des legislatives ou Talon aura 75 deputes sur les 99;

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      Amaury Il y a 5 mois

      @Samuel,

      Etes-vous d’accord que le nombre de députés soit porté à 99 malgré la situation économique difficile du pays ?

      Par ailleurs, par quelle alchimie, Pata aura 75/99 députés ? Dans les urnes, impossible. Par des rachat massifs après le scrutin j’imagine.

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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    et le public nombreux présent , a réclamé le moment pour en découdre ,  au panel , membre de la CDD . Face au tableau si brillamment , avec éloquence et précision dressé par le député djenontin de la triste réalité socio-politique du benin , les beninoises et beninois nombreux présent demandèrent à quand le moment de l’action vigoureuse pour barrer le chemin à talon et son djogbenou disqualifié pour siéger au conseil constitutionnel

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      HOUNKPATIN Kouassi Robert Il y a 5 mois

      Heureusement que la mémoire de certains parmi nous nest pas trouée.

      Mr. DJENONTIN! Quand on n’a rien à se reprocher on ne s’agite pas ainsi. À vous dirigeants d’hier, l’opportunité vous est offert de rendre compte de votre gestion. Peu importe que le pouvoir actuel cherche à vous museler. C’est de bonne guerre. Ce pouvoir passrra comme le votre.

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        AlowDa Il y a 5 mois

        Tout a fait dacord avec votre commentaire. cela prouve que vs meme vs sentez un muselation des opposants. ce pouvoir passera aussi vraiment.

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        PPA2 QU’EN PENSEZ -VOUS ? DONC KASSA DOIT QUITTER LE PARLEMENT OU IL EST PARTI SE REFUGIER CAR C’EST L’ARGENT DES CONTRIBUABLES NEERLANDAIS DONC  NOUS NE TAISONS PAS.