Audience de ce jour dans l’affaire CNSS au Bénin : Ce qu’il faut retenir de l’audition des prévenus

Audience de ce jour dans l’affaire CNSS au Bénin : Ce qu’il faut retenir de l’audition des prévenus

La poursuite des débats dans le procès de Laurent Mètongnon et consorts, cités dans l’affaire Cnss (Caisse nationale de sécurité sociale), est prévue pour le 19 juin 2018, après plus de huit heures d’horloge d’audition.

Affaire Laurent Mètongnon : Ils sont allés jusqu’au bout de leur logique

Des déclarations ce mercredi 13 juin 2018 au tribunal de première instance de Cotonou, on est en train de retenir que les mis en cause sont détenus à la prison civile de Cotonou sur des accusations sans preuves. « La Banque internationale du Bénin (Bibe), n’était pas en faillite au moment du placements des 16 milliards de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) dans ses régies. Les supposées commissions qu’auraient reçu Laurent Mètongnon et ses co-accusés, sont réglementairement sorties de la Bibe. La Bibe n’a porté aucune plainte contre les prévenus. Mètongnon et les autres ont déclaré n’avoir perçu aucune commission… » !

Voilà ce que l’on peut retenir du procès du syndicaliste Laurent Mètongnon et co-accusés, jetés en prison par le procureur de la République depuis novembre 2017. Il leur avait été reproché d’avoir opéré des Dépôts à terme (Dat) à la Bibe, en faillite au moment des faits pour recevoir des retro-commissions. Tous ces arguments ont été balayés du revers de la main par la partie civile et la défense des prévenus. Comment est-on arrivé à cette conclusion ?

Auditions

L’ancien directeur général de la Bibe, Romain Boko, était le premier à la barre devant le juge Rodolphe Azo. Il a fait savoir qu’au moment où il quittait la banque, la Bibe n’était pas en faillite. « Quand je partais de la banque, le 15 août 2014, il y avait plus de 56 milliards dans la caisse et les Dat avoisinaient 15 milliards…. », a-t-il laissé entendre.

Poursuivant ses déclarations, il a signalé qu’il a beaucoup œuvré au redressement de ladite banque. Au prétoire, il s’est fondu en larmes pour avoir été remercié en monnaie de singe par l’Etat béninois après tout ce service rendu à la Bibe. Parlant des rétro-commissions, Romain Boko a fait comprendre que c’est une pratique courante des banques pour fidéliser les clients. Il conclut que c’est même régi par une convention bancaire.

En plus, il a rappelé que c’est en Conseil de direction (Codir) que tout cela a été décidé. Sur ce, il a martelé avoir remis de l’argent à Laurent Mètongnon, Abdou Yaoussao et les autres détenus. Mais il a été incapable d’en donner les preuves. Après lui, c’est le tour de Mètongnon de plancher. Selon les propos, les Dépôts à terme sont l’activité la plus pourvoyeuse de la Cnss. En tant que président du conseil d’administration de la Cnss, il affirme qu’il ne lui revient pas de négocier les Dat auprès des banques.

« C’est le Directeur général qui apprécie les offres. Nous nous basons sur la sécurité, la solvabilité, la rentabilité et le rendement des fonds pour valider. La Bibe était solvable en 2014, car il y a eu la fin de l’administration provisoire et la nomination d’un directeur général… », a-t-il déclaré au juge.

En plus, il soutient qu’un compte rendu a été régulièrement fait au ministère des finances qui a validé les placements. De là, il conclut sur ce point que les placements ont suivi la procédure en vigueur. « En partant, nous avons laissé plus de 300 milliards dans la caisse de la Cnss… », a révélé Laurent Mètongnon. Concernant les dessous de table qu’il aurait reçus, le syndicaliste s’est inscrit en faux contre les déclarations de Romain Boko.

Pour sa part, l’ancien député et représentant du ministère des finances au conseil d’administration de la Cnss au moment des faits, Abdou Youssao, est resté dans la même logique que Laurent Mètongnon. De même, le syndicaliste Adégoké qui aurait servi d’intermédiaire entre M. Boko et les autres détenus dans la transmission desdites retro-commissions, a rejeté les faits. Ensuite, Alassane Kémoko, directeur général par intérim de la CNSS de janvier à novembre 2014, a balayé les accusations de corruption contre sa personne. Célestin Ahonon, Directeur général nommé après l’intérim de Alassane Kémoko a lui aussi déclaré que les placements ont été faits dans les normes et que la Bibe n’était pas en faillite.

Tous les détenus ont soutenu la régularité des opérations de placement et rejeté les accusations de corruption soulevées contre eux par le gouvernement. Le 19 juin prochain, il y aura les plaidoiries et le juge pourrait rendre une décision dans cette affaire.

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Amaury Il y a 4 mois

    Attendons  de voir la suite !

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    Les deux éléments d’accusation sont:

    1- faillite de la Bibe

    2- retro commissions

    Les DAT ont toujours été disponibles. Les rétro commissions sont une pratique réglementée. La Bibe n’etait pas en faillite.

    A chacun de juger.

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    OLLA OUMAR Il y a 4 mois

    à mon humble avis , ce juge azo devrait simplement être récusé par Laurent Metognon et ses co-accusés , ce juge n’étant pas libre car sous ordre et mission de talon pour garder en prison metognon qui en sait trop sur les magouilles financières de talon