« Bwa Kayiman » ou le réveil d’une race

« Bwa Kayiman » ou le réveil d’une racePhoto d'illustration : esclavage au Sénégal

14 Août 1791 une magnifique page historico-culturelle mondiale, une page exceptionnelle et unique dans toute l’histoire universelle, a été écrite à Bwa Kayiman, lorsque des milliers de nos frères emmenés de partout en Afrique (du Sénégal, du Congo, du Niger, du Nigeria, du Dahomey, aujourd’hui le Bénin et d’ailleurs), tous victimes de l’odieuse traître négrière, avaient décidé de s’unir pour, dans une cérémonie rituelle, dire NON à l’esclavage : C’était le RéVEIL DE LA RACE NOIRE ET LE point de départ du Panafricanisme.

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Huit jours plus tard, c’était le soulèvement général des esclaves et le début d’une e une longue et difficile guerre de 13 ans contre la plus puissante armée de l’époque, celle de Napoléon, la guerre qui allait, le 1er janvier 1804, placer sur l’échiquier mondial le Premier Etat Noir indépendant du monde : HAITI, la fille aînée de la diaspora africaine;

Bien vite, le nègre, et plus précisément maintenant l’haïtien, allait porter cet exemple à travers l’Amérique du Sud et la Caraïbe pour, plus d’un siècle et demi plus tard, atteindre les rives de l’Afrique elle-même pour y apporter ce puissant souffle de liberté avec plus d’une dizaine de pays africains à accéder à l’indépendance en la seule et même année 1960.

Cet élan de liberte a par la suite emprunté bien d’autres avenues, passant par l’appel « Africa must unite » que feu le Président Kwame N’KRUMAH du Ghana avait lancé le 25 mai 1963 pour ensuite passer à la création de l’Organisation de l’Unité Africaine, devenir depuis l’Union Africaine, pour arriver à la création, en avril 2007, du Conseil Mondial du Panafricanisme, le CoMoPa, sans oublier les innombrables et louables efforts et sacrifices que n’avait cessé de déployer et de consentir le Guide Libyen pour faire triompher la juste et noble cause panafricaine.

Il n’en saurait être autrement car un peuple, quelqu’il soit haïtien, brésilien, bahaméen, jamaïcain, trinidadien ou autre, tire sa force et sa fierté de sa culture et de ses traditions. Et c’est justement pour s’accrocher à sa culture et à ses traditions que Boukman avait organisé cette cérémonie du « Bwa Kayiman » au cours de laquelle un cochon a été sacrifié aux dieux de la race et que c’est dans le sang de ce cochon que les esclaves de Saint Domingue scellèrent le pacte qu’ils venaient de conclure entre eux de vivre libres ou mourir.

Avec sa culture et ses traditions, l’Afrique, pour nous de la diaspora, c’est l’image de la terre laissée derrière soi, l’image de cette Afrique mythique dont l’haïtien, tout au moins, quoique coupé d’elle depuis plus de cinq siècles, porte encore presque physiquement l’empreinte.

Quand on sait que la défense de l’identité culturelle, l’enrichissement du débat démocratique et la recherche du progrès social sont des objectifs que la diaspora africaine, où qu’elle soit, doit partager avec les sœurs et frères du continent, l’on comprend aisément qu’il soit tout à fait normal que les expériences des uns doivent toujours servir d’exemples aux autres, afin de développer entre tous lesHAïTIENS, y compris la diaspora, une solidaritéforte et vivante pour une meilleure intégration dupays dans le contexte du village planétaire qu’est devenu le monde aujourd’hui..

Et si les arts et la culture sont à la fois la carte de visite et l’étendard d’un peuple, on comprendra pourquoi Haiti ne renaîtra vraiment que par sa culture, ses arts et ses traditions aussi bien que lorsque tous les haitiens, à l’instar de nos ancêtres, s’uniront pour former au vu et au su du monde ce merveilleux faisceau de fraternité et de solidarité qui sera le fer de lance d’une nouvelle Haiti, cette Haiti dont nous rêvons tous, et à laquelle je suis fier d’appartenir. Une nouvelle Haiti qui ne sera plus le pays décrié, déshérité et surexploité, mais un pays qui sera le point de mire de la race noire toute entière, une race noire qui, finalement, pourra jouer le rôle qu’il lui échet au sein de la gouvernance mondiale.

Jacques A. NICOLAS, Haïtien
2ème Vice-Président
Conseil Mondial du Panafricanisme (CoMoPa)

Commentaires

Commentaires du site 4
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    The Atlantean Il y a 1 mois

    Je dirai plutôt le déclin d’une race. Car notre image sur la scène internationale laisse à désirer, et tout ce qui se passe sur le continent africain.

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    Tchité Il y a 1 mois

    Ce souhait ne sera efficace, durable et effectif que si l’Afrique ,le continent, mère se développe et devienne prospère. Cette responsabilité échoit à l’Afrique, car depuis des siècles d’exploitation de ce continent avec la complicité de certains des dirigeants, l’Homme noir et le continent sont devenus sujet de moqueries de par le monde: (D. Trump en ce 21eme siècle, nous a appelé’shithole’. Mais on le sait tous, le continent (l’Afrique) est immensément riche, mais kes Africains sont parmi les plus pauvres du monde. Un paradoxe

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    Serjos Il y a 1 mois

    Très intéressant 

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    C’est tout ce qu’on souhaite. Vivement un éveil durable et efficace