Egypte : 2 ans de prison pour avoir dénoncé un harcèlement

Egypte : 2 ans de prison pour avoir dénoncé un harcèlement

En Egypte, la condamnation à deux ans de prison d'une femme ayant témoigné du harcèlement dont elle venait d'être victime, a provoqué un véritable tollé.

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Âgée de 33 ans, Amal Fathi a provoqué récemment un véritable buzz en Égypte. En effet, celle qui se présente comme étant une militante œuvrant en faveur du respect des droits de l’homme, s’est filmée le temps d’une vidéo dénonciatrice. La raison ? Celle-ci assure au cours de son enregistrement, avoir été « lourdement draguée » par les hommes du service de sécurité d’une des agences de la banque Misr. 

Le débat sur le harcèlement en Egypte, relancé

Celle-ci attaque ensuite le gouvernement, qu’elle accuse d’avoir échoué dans sa politique de protection des femmes. Mère de famille, Amal Fathi a finalement été arrêtée, jugée puis rendue coupable de « diffusion de fausses informations ». Verdict ? Deux ans de prison et une amende d’environ 480 euros. Son avocate, maître Doua Moustapha a cependant confirmé qu’elle ira en appel.

Une sanction qui a relancé le débat autour du harcèlement en Egypte. Passé sous silence avant les événements de 2011, plusieurs femmes d’origine égyptienne ou étrangère ont profité de la révolte afin de faire porter leur voix. Depuis cette prise de conscience, de plus en plus de femmes, victimes de harcèlement, racontent leur histoire via les réseaux sociaux notamment qui sont devenus de véritables plateformes de « libération ».

Amnesty International condamne

De son côté, l’ONG Amnesty International est monté au créneau afin de protéger ces femmes d’une part, mais surtout, pour condamner certaines décisions, dont celle émise à l’encontre d’Amal Fathi, qu’elle a qualifié de « scandaleuse ». 

Selon l’ONG, la jeune femme a simplement eu le courage de raconter une expérience traumatisante pour elle et ne devrait pas en avoir à payer le prix. 

Najia Bounaim, directrice des campagnes d’Amnesty International pour l’Afrique du Nord, a quant à elle, regretté une « injustice flagrante » où « l’agressée est condamnée tandis que l’agresseur lui, est libre ».

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