La Nouvelle Tribune

Tension entre l’Algérie et la Libye : le maréchal Haftar menace

En Libye, le maréchal Haftar a récemment attaqué l’Algérie, qu’il accuse de ne pas vouloir respecter l’intégrité territoriale de son pays. Des déclarations qui ont irrité du côté d’Alger.

Tendues depuis longtemps déjà, les relations entre l’Algérie et la Libye ne devraient pas se réchauffer de sitôt. En effet, le maréchal Haftar, homme fort de l’est Libyen, s’est récemment livré à l’occasion d’un entretien vidéo diffusé sur le site d’Al-Jazeera le 8 septembre dernier. Au cours de cette vidéo, Haftar a tout simplement décidé de hausser le ton, menaçant l’Algérie d’entrer en guerre avec elle.

La raison ? Selon ses dires, les forces armées algériennes sont entrées en Libye le temps de quelques jours. Lorsque cela a été découvert, ce dernier n’a pas hésité à envoyer l’un de ses généraux, le général Abdelkrim à Alger afin de discuter de cette situation. Accusant l’Algérie de violer l’intégrité territoriale de la Libye, Haftar a ainsi souhaité montrer les muscles.

Des accusations qui ne plaisent pas à l’Algérie

Relativement éloignée de l’Est-Libyen, la frontière entre les deux États est longue d’environ un millier de kilomètres. Sur place, l’Algérie a décidé de déployer entre 30 et 40.000 soldats. Cependant, comme le confirme Hasni Abidi, politologue et directeur du Cermam, le Centre d’études et de recherches sur le monde Arabe et Méditerranéen, l’Algérie n’a pas vraiment pour vocation  d’entrer en Libye. Une remarque appuyée par le quotidien algérien El Watan qui assure que le gouvernement algérien a toujours scrupuleusement respecté la souveraineté de tous les pays au monde, dont la Libye, bien évidemment.

Afin d’appuyer cette affirmation, le quotidien rappelle que même les aides humanitaires envoyées directement depuis l’Algérie jusqu’en Libye, ne l’ont été qu’après avoir reçu l’aval du gouvernement libyen d’entente nationale, le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Soucieux de préserver l’avantage et d’isoler toujours un peu plus Haftar, le ministre libyen des affaires étrangères du gouvernement d’union nationale, monsieur Mohamad Taher Siala, s’est d’ailleurs permis de téléphoner à son homologue algérien, Abdelkader Messahel, le 10 septembre dernier.

Au cours de cet entretien téléphonique, ce dernier a tenu à revenir sur les propos tenus quelques jours plus tôt par le maréchal Haftar, propos qu’il a d’ailleurs qualifié « d’irresponsable », ajoutant au passage que le gouvernement d’union nationale avait pour unique objectif de se rapprocher de son voisin algérien et certainement pas de s’en éloigner à coups de déclarations tapageuses et mensongères. Une demande, là encore, appuyée par le ministre algérien qui souhaite que les deux pays réussissent à trouver une solution politique à la crise touchant actuellement la Libye.

Haftar, peut-il être pris au sérieux ?

Faut-il donc prendre le maréchal Haftar au sérieux ? En effet, ce dernier semble camper sur ses positions. Problème, il ne devrait jamais être en mesure de pouvoir livrer une véritable guerre avec l’Algérie, lui qui n’en a pas les moyens.

Affaibli, manquant de crédibilité, ce dernier semble même être gêné par la position pacifique adoptée par l’Algérie. Résultat, selon certains experts algériens, les relations diplomatiques entre les deux États pourraient en pâtir, au point que le nouveau credo adopté par le gouvernement actuellement en place du côté d’Alger pourrait ressembler à tout le monde au pouvoir, sauf le maréchal Haftar.