La chambre criminelle de Dakar a jugé hier deux prévenus arrêtés pour délit de terrorisme. Saer kébé et le religieux Boubacar Dianko étaient accusés respectivement d’apologie du terrorisme et d’association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté de l’Etat, et acte de terrorisme. Les deux ont eu une issue favorable à leur détention en recouvrant leur liberté. Ces deux affaires ont remis en exergue les contraintes d’une justice en soif de changements.

Détention provisoire de 7 et 4 ans

Les deux prévenus avaient été arrêtés pour délit de terrorisme en 2015 (pour Saer Kébé) et 2013 (pour l’imam Dianko). Ils n’avaient depuis lors pas eu de procès ce qui avait emmené, pour rappel, le jeune Kébé à s’engager dans une grève de la fin en début mars. Si ce dernier était inculpé pour apologie du terrorisme à cause d’un message posté sur facebook, le religieux était soupçonné d’entretenir des liens étroits avec le chef du MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest). La durée indéterminée de la détention provisoire s’est posée dans ces deux cas dans un pays où la moitié de la population carcérale est concernée.

Un cadre légal a redéfinir

L’autre point soulevé par ces affaires est l’absence d’un cadre légal bien défini pour encadrer les faits liés au terrorisme. C’est une situation mise en avant par Seydi Gassama de Amnesty International qui soutient que les textes sont tels que “n’importe quelle personne” pourrait se retrouver en prison. Ceci ouvre un gros chantier au nouveau ministre de la justice nommé ce dimanche qui a déclaré : “il faut que la justice revienne dans le cœur des sénégalais“.

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