Après les déboires au Japon, Carlos Ghosn risque d’avoir à se justifier face à la justice française. En effet, l’homme d’affaires, ancien magnat de l’automobile, est désormais visé par une coopération franco-japonaise dans le cadre des multiples enquêtes portées à son égard. Ainsi, une perquisition a eu lieu au mois d’avril dernier, chez un haut cadre français du groupe Renault-Nissan, à la demande du parquet de Tokyo.

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Ce haut cadre n’est autre que l’ancien vice-président du constructeur japonais. Aujourd’hui, membre du comité de direction de la firme française, ce dernier a ainsi vu son ordinateur ainsi que ses mails, saisis par l’OCLCIFF, l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Toutefois, la justice assure que les mails ont été fournis plus de 15 jours avant la saisie des biens de ce haut placé au sein de la hiérarchie automobile. Toutefois, Tokyo souhaitait s’assurer que rien ne manquait.

Ghosn, pointé du doigt en France

De son côté, Nissan, a toujours insisté auprès de ses hauts dirigeants afin que ces derniers se rendent aux autorités locales afin d’échanger et répondre aux multiples questions. Le cas échéant, les personnes visées par ces demandes, ont également reçu la possibilité de se faire entendre directement en France, ce qui aurait été le cas pour deux personnes. La personne citée ci-dessus, mais également un ancien haut placé, désormais à la retraite. Les auditions ont été menées par des enquêteurs français, accompagnés de leurs homologues japonais, et ce, sous la direction du parquet de Nanterre.

En effet, c’est ce dernier qui est responsable de l’enquête portant sur Carlos Ghosn, après les révélations entourant le financement d’une soirée organisée en 2016, du côté de Versailles. De nombreuses questions se sont également posées concernant une soirée tenue deux années auparavant, soit en 2014, dans le cadre des 60 ans de Ghosn. La fête, à laquelle des centaines de personnes ont participé, avait marqué les esprits par le sentiment de luxe qu’elle dégageait. Si personne ne sait réellement comment celles-ci ont été financées, la justice a découvert qu’une contrepartie de 50,000 euros, signée “dans le cadre d’une convention de mécénat avec le Château de Versailles” a été directement reversée à Ghosn.

La justice, enquête sur des faits d’abus de biens sociaux et corruption

Une seconde enquête pour “abus de biens sociaux et corruption” pourrait également être lancée après qu’une plainte ait été déposée par un ancien actionnaire. Dans les faits, l’avocate et ancienne ministre Rachida Dati était sommée par Renault, d’étudier et d’assister le développement de l’alliance franco-japonaise au Proche-Orient ainsi qu’en Afrique du Nord. Ainsi, celle-ci devait rendre un rapport sur les situations politiques ainsi que sur l’environnement socio-culturel de la région. En outre, il lui a également été demandé d’étudier les questions fiscales et juridiques censées être des barrières au bon développement de Renault-Nissan dans la région. Pour ce travail, Rachida Dati aurait facturé à quatre reprises, une première fois 150,000 euros, puis une seconde fois 200,000 euros, les deux fois en 2010. Une année plus tard, en 2011, ce sont 100,000 euros qu’elle facturera avant de facturer une dernière fois 150,000 euros en 2012, soit 600,000 euros au total. Aujourd’hui, la question serait en fait de savoir si cette rémunération a été versée en contrepartie d’un travail réel, les contours de la collaboration restant opaques.

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