Histoire, symbolisme, message… Que cachent le Wax, ces pagnes d’inspiration indonésienne fabriqués au Pays-Bas et en Angleterre mais devenus expressifs de l’identité africaine ? Les locaux de la Fondation Zinsou à Cotonou servent depuis quelques jours, de temple pour en savoir. C’est l’exposition « Wax stories, histoire de pagnes ».

On se croit dans une boutique de vente de tissus. L’immeuble à deux niveaux aux couleurs rouge et noire face au commissariat central de Cotonou, cède ses espaces à des pagnes Wax. A la différence, ils sont tous dépliés en grande dimension et suspendus sous forme de rideau, les uns. D’autres dressés contre les murs. Certains sont coupés en de petits cercles et maintenus en l’air.

Ce n’est pas pour la vente. « Non plus une publicité pour vlisco» souligne notre guide. «C’est plutôt pour raconter l’histoire autour de ces pagnes qui arrivent en Afrique, adoptés en Afrique, adaptés à des circonstances en Afrique,… depuis 1893. » ajoute-t-il.

Le contexte ici, c’est une exposition dénommée « Wax stories, histoire de pagnes » initiée par la Fondation Zinsou. C’est pour faire découvrir aux uns et rappeler aux autres, le langage de ces pagnes dont les premiers motifs en Indonésie remontent en 1846. Du rez-de-chaussée au deuxième étage, ces pagnes sont exposés selon diverses thématiques du quotidien en Afrique.

Le dictionnaire « Nana Benz »

Bien qu’ils soient de provenance hollandaise, ces tissus retrouvent une autre vie, et une autre histoire en Afrique grâce aux vendeuses Nana Benz du Togo et dans d’autres pays de la sous-région. Ces dernières associent des noms aux motifs. Atchoé, congrès, macaroni, Gogo loto, Genito, vido adogomè, sahè kpèvi, high life, kpo gbaza, l’œil de ma rivale, singuè, placenta, trogbo, Suzanna, hangla, femme capable, grotto, weli kan, yebesse, trois ministres, ademin, hibiscus, sens interdit, papillon, koliko. La liste n’est pas exhaustive.

Les appellations peuvent varier d’un pays à un autre selon les langues. Mais en commun, chaque motif exprime un fait, un sentiment. C’est ainsi qu’on a des motifs sur l’amour, la musique, l’art culinaire, la beauté. En Afrique, un pagne ne se porte pas ou ne doit pas être porté au hasard.

Un joli pagne et cher qu’on offre à quelqu’un peut être pour signifier au bénéficiaire son ingratitude ; un motif peut remplacer tout un discours entre deux individus, entre deux familles, etc. Il faut bien les connaitre (les motifs) pour pouvoir décoder les messages ou pour faire son choix. La Fondation Zinsou en donne l’occasion par la présente exposition encore ouverte à la population tous les jours sauf dimanche.

LAISSER UN COMMENTAIRE

SVP, Entrez votre commentaire
SVP saisissez votre nom