Une décision historique. En effet, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont pris la décision, mercredi dernier, de ne plus vendre la tonne de cacao, en dessous de 2,600 dollars. Les deux premiers producteurs mondiaux se sont ainsi accordés sur ce point, à l’issue de deux jours de réunions entre les différents représentants des producteurs, négociants et politiques.

Visiblement satisfait d’en être arrivé là, Joseph Boahen Aidoo, directeur général du Ghana Cocoa Board, a salué une décision historique. “Depuis des années, ce sont les acheteurs qui ont déterminé les prix” a-t-il assuré, expliquant que cette manœuvre pourrait permettre de changer la donner avec les revendeurs. Résultat, afin d’exercer une réelle pression, les deux principaux producteurs de cacao au monde ont décidé de suspendre les ventes de leurs récoltes à partir de l’exercice 2020/2021. Une stratégie qui se veut risquée et qui pourrait bien s’étaler dans le temps, du moins, jusqu’à la mise en place réclamée de ce prix minimum.

Ghana et Côte d’Ivoire, pour faire pression

Le 3 juillet prochain, les principaux acteurs du secteur se retrouveront ensuite du côté d’Abidjan afin de discuter de la stratégie à effectuer. Dans les faits, sur les 100 milliards de dollars que représente le marché du cacao, 6% seulement sont reversés aux agriculteurs. Une situation pointée du doigt par le vice-président du Ghana, Mahamudu Bawumia, qui a ajouté que c’est à ce titre que Côte d’Ivoire et Ghana ont décidé de s’allier afin de forcer la hausse des prix et permettre une meilleure redistribution des richesses. 

En outre, si les agriculteurs réussiront à mieux gagner leur vie, les gouvernements ivoiriens et ghanéens pourraient également y tirer leur épingle du jeu, à quelques mois seulement de nouvelles élections présidentielles. Le cacao, qui représente environ 10% du PIB ivoirien et ghanéen, joue donc un rôle très important au sein de l’économie locale. Une vision partagée par Umar Abubakar, secrétaire général du syndicat des producteurs de Café, Cacao et Noix de Karité (Cocoshe) selon qui la vie de centaine de personnes pourrait être positivement impactée par une hausse des prix.

Les avis divergent

De son côté, le directeur exécutif de l’Organisation internationale du Cacao, Michel Arrion, a estimé qu’une hausse des prix est forcément très attendue. Toutefois, les bénéfices n’iraient pas forcément chez les producteurs qui, selon lui, vivent dans une extrême pauvreté. Ainsi, cela serait plutôt aux gouvernements de mettre en place des politiques protectionnistes et économiquement viables afin de venir en aide à ces agriculteurs, en leur permettant de bénéficier des retombées économiques de cette nouvelle donne. 

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2 Commentaires

  1. Agir de concert et surtout, favoriser l’investissement dans des unités de transformation locales qui exporteront un produit fini ou au moins transformé.

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