Une étude dont les résultats vont faire parler. En effet, selon un récent rapport des chercheurs de l’Institut national d’études géographiques, les enfants nés de parents immigrés venus du Maroc, d’Algérie ou encore de Tunisie, ont tendance à mourir plus jeunes que les autres. Un phénomène qualifié de « surmortalité » par les chercheurs, qui souhaitent en fait un sujet de santé publique.

Vivant généralement en banlieue, exposés au chômage de masse ainsi qu’aux discriminations, ces jeunes n’ont pas tous les moyens mis à leur disposition afin de s’en sortir. Selon les chercheurs, cela a d’ailleurs tendance à réduire les perspectives quant à la façon de vivre sa vie. Ainsi, ces derniers tombent dans certaines dépendances à l’alcool ou à la drogue. Résultat, le nombre de suicides ou d’accidents de la route chez cette partie de la population française est en constante hausse.

Chômage et inégalités, en première ligne

Une hypothèse directement avancée par Michel Guillot, directeur de recherches à l’Ined. Ce dernier, interrogé par nos confrères de Ouest France, a ainsi tenu à tirer la sonnette d’alarme pour la simple et bonne raison que ces jeunes représentent jusque 11% de la population française, soit 7,3 millions de personnes. Aujourd’hui, ces derniers ne disposent pas des caractéristiques de leurs parents, qui ont réussi à traverser un continent, une mer, afin de se rendre en Europe.

Cette « robustesse », comme l’appelle le chercheur, n’est pas héréditaire. Les pères, qui gèrent le processus, apprennent à avoir la pression et à l’apprivoiser. Les enfants eux, ne sont pas dans ce cas-là. Ce constat, couplé aux problèmes sociaux, créé de véritables problèmes puisque le taux de mortalité chez ses jeunes enfants issus de l’immigration, est 70 à 80% plus élevé que pour les autres enfants dont les parents ne sont pas issus de l’immigration. S’il est difficile de savoir avec précision les raisons de ces décès prématurés, tous les chercheurs et experts sont d’accord pour mettre en avant les problèmes d’accès à l’éducation qui résulte le plus souvent à une situation de chômage ou d’emploi sous-payés.

Une étude qui sera poursuivie

Mettant en relation cette étude avec le mouvement littéraire américain portant sur le « décès du désespoir », Michel Guillot ajoute que le sentiment d’exclusion devient de plus en plus important au fil des années. Lorsque surgit l’idée de ne pas avoir une vie qui correspond à ses attentes propres, mais surtout, inégalitaire par rapport aux chances, c’est à ce moment-là qu’entreraient en jeu les consommations d’alcool, de drogues. Un cercle vicieux que ces chercheurs envisagent de continuer à explorer afin de faire de ces trouvailles, un sujet sensible au sein de l’opinion.

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