Battus par les Lions de la Teranga du Sénégal (1-0) lors des quarts de finale de la CAN 2019 ce mercredi, les Ecureuils du Bénin quittent l’aventure avec beaucoup de fierté. Ils ont été héroïques au-delà des espérances. Arrivés à la compétition sur la pointe des pieds, les Ecureuils du Bénin ont traversé les matchs avec les expériences acquises lors du match contre l’Algérie à Cotonou lors des éliminatoires. 

Ils ont montré une force mentale hors du commun, une détermination et un courage à toute épreuve. Ils ont pris chaque match avec beaucoup d’humilité et d’envie. Match après match, ils ont forcé le respect de tout le gotha du football africain voire mondial. Invaincus lors de la phase de poule alignant trois matchs nuls, les Ecureuils ont battu le Maroc lors des huitièmes de finale au bout d’une rencontre où tout était ligué contre eux. Mais, il fallait qu’une partie de l’histoire du football béninois et africain s’écrive au pied des pyramides dans la nuit de ce vendredi 5 juillet 2019 et aux tirs au but.

Une défense de fer

Cette épopée béninoise en terre égyptienne a été possible grâce à la détermination de chaque joueur, à la volonté et à la solidarité. Mais, aussi, avec une défense assez solide qui avait porté par moments le Bénin lors des éliminatoires. Avec un système de 3-4-3 avec des variances, Michel Dussuyer a su tirer le meilleur d’un effectif qui manque, il faut le cacher, de qualité. Il a bâti son équipe sur une assise défensive difficile à manœuvrer avec un Khaled Adénon en patron, un Olivier Verdon impérial et Moïse Adilèhou hors normes. On a vu aussi le coup de poker de Michel Dussuyer face au Maroc pour pallier l’absence du latéral droit Séïdou Barazé. Mama Séïbou a bien tenu la barque. On a aussi vu que l’équipe peut aussi jouer sans Khaled. Ce sont des choses positives sur lesquelles il faut construire l’avenir.

Un milieu à la recherche d’un bon relanceur

Dans la combativité et dans le rôle de ratisseur de balle, Michel Dussuyer a installé deux hommes: Sessi d’Alméïda et Jordan Adéoti. Ces deux-là ont été bien précieux dans la récupération de balle. Plus que les autres, ils ont été généreux dans l’effort et le sacrifice. Ils devront soigner leur relance. Car, ils ont glané beaucoup de balles mais en ont perdu assez. Dans ce milieu de terrain, on pourra regretter de ne pas avoir retrouvé un Stéphane Sessègnon des grands soirs. Sa compétition à lui n’a pas été à la hauteur des attentes. Dans l’effort et la générosité, il aura répondu tant bien que mal. Mais, il n’aura pas été ce leader technique espéré. A ses côtés, on a vu évoluer Poté, Soukou, Djigla et Jodel. Tous ont ce qu’ils ont pu surtout dans le travail défensif. Avec deux passes décisives pour sa première CAN, Cebio Soukou est même devenu le meilleur passeur de l’histoire du Bénin en CAN.

Une attaque peu inspirée

A ce niveau, l’équipe n’a pas su exploiter amplement le jeu de tête de Mounié ni l’altruisme de Poté. Ceux deux ont aussi montré bien de qualité dans ce secteur. Poté réalise d’entrée un doublé devant le Ghana.  Avec ces deux buts, Poté devient le meilleur  buteur béninois de l’histoire de la CAN à égalité avec Razack Omotoyossi et mieux, il a marqué le but le plus rapide de cette CAN (2’). Mais, on retient que ce secteur n’a pas bien fonctionné pour l’équipe béninoise. Faute à un système de jeu avec un bloc assez bas et à un manque de joueurs capables de casser les lignes et de faire des passes lumineuses.

Bilan positif

Globalement, le Bénin a fait un parcours élogieux pour sa quatrième participation à une CAN. Les Ecureuils ont atteint les quarts de finale. Une première pour ce Bénin qui continue de se frayer un chemin parmi les grands du football africain. Ces Ecureuils ont forcé le respect dans le milieu et personne n’oserait désormais à les prendre de haut. Après cinq matches, le Bénin sort de la compétition sans gagner le moindre match et n’a perdu qu’un (défaite en quart contre le Sénégal 0-1). Avec trois buts marqués pour quatre encaissés, le Bénin égale le nombre total de buts inscrits par les joueurs béninois à la CAN 2004, 2008 et 2010. Il peut se targuer d’avoir éliminé un prétendant au titre, le Maroc. Et malgré son absence face au Sénégal, Khaled Adénon devient le premier béninois ayant disputé le plus de matchs en Coupe d’Afrique des nations. Il devance Damien Chrysostome d’une unité. Et donc, les joueurs béninois ont rendu le peuple fier d’eux. Ils ont été exceptionnels et ont procuré aux Béninois des moments de liesse populaires à nul autre pareil. Ils peuvent maintenant rentrer fièrement la tête haute avec le sentiment du devoir accompli. Tout le peuple Béninois attend déjà le retour au bercail de ces Héros.  

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1 COMMENTAIRE

  1. D’accord pour tout sauf la remarque sur le milieu de terrain. A mon avis, Sessi D’Almeida peut bien faire l’affaire s’il travaille davantage la relance. Il est jeune, athletique, et surtout genereux dans l’effort. Il lui manque cependant la finesse technique et la vision de jeu d’un bon relayeur.
    Pour le reste, le moment est venu à mon avis de bâtir une “nouvelle” équipe autour des jeunes loups que sont les Djigla, Jodel Dossou, Saturnin Allagbé et consorts. Un meneur de jeu c’est ce qui a de plus difficile à trouver en football mais ça se forme aussi .Sessegnon, malgré sa bonne volonté n’a plus ses jambes de 2008 où il évoluait au plus haut niveau dans les grands championnats. Devant, Poté a encore de bons restes mais 35 piges pour un attaquant ça fait beaucoup. Mounier selon moi n’a pas le profil d’un attaquant moderne. Pas du tout polyvalent et n’aime pas défendre. Dans la charnière centrale, Adenon est toujours aussi juste mais lui aussi commence par prendre de l’âge. Bref, tous les signaux poussent à un chantier de renouvellement de l’effectif et Dussuyer me semble suffisamment outillé pour ce faire si on lui donne les coudées franches.

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