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La véritable guerre que livre le président philippin Rodrigo Duterte contre la drogue et ses trafiquants, a déjà fait des centaines de morts. Aujourd’hui, le chef de l’état ne semble pas vouloir arrêter sa purge et continue de livrer une politique de tolérance 0 à l’encontre de celles et ceux qui consomment et qui revendent. Aujourd’hui, cette stratégie est d’ailleurs de plus en plus contestée.

Récemment, Rachel Chhoa-Howard, d’Amnesty international, et son équipe, ont ainsi travaillé sur un rapport très critique à l’encontre de cette politique. Selon ce dossier, ce sont surtout les Philippins les plus pauvres qui sont d’abord visés. Sans moyens de se défendre, qualifiés de cibles faciles, ces derniers sont ainsi pris en grippe par les forces de l’ordre qui, en publiant des statistiques précises sur le nombre de personnes arrêtées ou tuées, tentent de prouver le succès de la lutte anti-drogue.

Les pauvres, pris en grippe

Cible numéro une des forces de l’ordre, la partie pauvre de la population Philippine est également celle qui, selon les chiffres, détiendrait le plus d’armes à feu. À chaque exécution, les policiers fournissent effectivement les mêmes explications. Ainsi, lors d’arrestations, les personnes visées sortent toujours une arme poussant ainsi la police à plaider la légitime défense. Cependant, ces justifications ne satisfont pas du tout Amnesty international.

« Nos recherches ont montré que la version de la police n’est pas crédible », a ainsi expliqué Rachel Chhoa-Howard. Son constat lui, se base sur des témoignages recueillis de familles de victimes. Dans les faits, le scénario est très souvent le même, à savoir que les policiers entrent de force dans les maisons, détruisant les portes en pleine nuit et se rendant dans les chambres des personnes visées. Celles-ci sont ensuite abattues après avoir été réveillées de force. Les victimes elles, ne sont d’ailleurs pas les seules mises sous pression puisque les policiers locaux, de petits villages, sont forcés de donner des noms sous peine d’être eux aussi soupçonnés.

Des escadrons de la mort

Enfin, Amnesty international a remis au centre de cette guerre, ces escadrons de la mort mis en place par le gouvernement, qui en l’espace de quelques années, auraient tué plus de 23.000 personnes. « Notre rapport et nos recherches effectués en 2017 avaient déjà établi des liens entre la police et ces escadrons armés. » affirme ainsi le rapport, ajoutant que le gouvernement ne semble pas être prêt à reconnaître l’existence de ces escadrons. « Nous avons aussi montré dans nos recherches que la police paye ces assassins et leur donne des instructions. » ajoute en outre le rapport, estimant que ces derniers bénéficient d’une impunité malsaine.

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