La Commission Vérité, Réconciliation et Réparations aurait été établie en Gambie pour rechercher et établir les vérités, si inconfortables soient-elles, sur 22 ans de régime où il était dit que violence ciblées, violences sexuelles, disparitions forcées, torture et massacres, auraient été érigés en politique d’état. Mais pour des tenors de l’ancien régime et militants de l’ancien parti présidentiel, les enquêtes de la commission ne seraient que pur acharnement contre Jammeh.

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Une commission aux pleins pouvoirs

La recherche de vérités inconfortables sur les atrocités commises contre des citoyens est devenue une partie intégrante de la reconstruction des sociétés après la chute des régimes autoritaires ou la fin des conflits armés. La mise en place de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations en Gambie répondrait également à cette exigence.

Le but de cette commission étant de mener les investigations sur plus de 20 ans de régime autoritaire sous Yahya Jammeh, marqué par des violations flagrantes des droits de l’homme. Les exactions reprochées à Yahya Jammeh, au pouvoir de 1994 à 2016, étant notamment des actes de torture, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires de personnes considérées comme des opposants, par la redoutable Agence nationale de renseignement et le réputé escadron de la mort de Jammeh, les «Junglers».

Du coup,  la commission qui devait enregistrer les diverses violations des droits de l’homme portés à sa connaissance se devait également d’établir l’identité des victimes, l’ampleur du préjudice subi ; quelles preuves ont été éventuellement détruites pour dissimuler la violation et surtout suggérer des auteurs présumés aux fins de poursuites.

Quand l’APRC, dénonce une chasse aux sorcières

Et ce serait sur ce dernier point que les membres du parti de Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), accuserait la commission de parti pris. Pour ces militants,  l’objectif de la Commission ne serait pas, comme son nom le soulignait de rechercher la vérité, mais de ternir le prestige du parti déjà très écorché par la chute et l’exil de leur leader en s’arrangeant « de faire en sorte que les témoins (convoqués) impliquent Yahya Jammeh et l’APRC. »

Et quand aux ‘’Junglers’’, s’ils avaient commis des exactions, ce n’était sans doute pas sur ordres de Yahya Jammeh, car selon Fabakary Jatta, membre du parti et encore en contact avec le leader depuis son exil en Guinée Equatoriale ; « Je ne peux pas y croire (…) Si le président avait voulu faire assassiner quelqu’un, il aurait fallu que cette personne soit une menace pour sa vie. Et encore, il avait les moyens de les poursuivre et les faire condamner ! » Et de ce point de vue l’on ne pouvait que convenir qu’il aurait été malsain de prétendre en vouloir à la vie d’un dictateur alors qu’on se trouverait dans sa zone d’influence.

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