Le pouvoir de Patrice Talon ne fait pas dans la dentelle avec ses adversaires politiques. Trente ans après la Conférence Nationale des Forces vives de la nation, la démocratie chèrement acquise a fait un grand pas en arrière selon certains politiques depuis l’avènement du pouvoir dit de la Rupture.

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Ainsi, ils sont nombreux aujourd’hui à prendre la route de l’exil politique afin d’échapper aux représailles du pouvoir du nouvel homme fort de la République du Bénin, Patrice Talon.

La petite République du Bénin compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’exilés politiques éparpillés dans le monde entier depuis l’avènement du pouvoir en place. On les retrouve au Togo voisin, en Guinée Equatoriale pour ce qui est du continent africain. En France, et en Belgique pour L’Europe, sans parler des Usa pour le continent américain.

Mis sous convocation judiciaire, beaucoup d’acteurs politiques tels que le Secrétaire Exécutif National des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), passent actuellement leur temps hors du territoire national. L’absence prolongée de ces leaders politiques est perçue, depuis lors, par bon nombre de Béninois comme un exil politique.

Aujourd’hui le peuple s’inquiète quant à la couleur que revêt la justice béninoise qui pour le citoyen lambda du Bénin, est devenue un épouvantail, un instrument redoutable au point de ne laisser le choix aux justiciables que de fuir le pays plutôt que d’avoir le bonheur de laver leur honneur devant ceux dont la mission est de « rendre la justice au nom du peuple béninois ».

Du maire de la ville de Cotonou au secrétaire général du parti Fcbe

Parmi ceux qui semblent craindre la Criet (cour de répression des infractions économiques et du terrorisme), figure le secrétaire exécutif national du parti des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). L’honorable Valentin Djènontin qui se retrouve actuellement en France, n’est pas prêt à rentrer de si tôt au bercail. En tout cas, dans l’opinion publique, la thèse de l’exil politique semble prendre le dessus dans les discussions. Et la sortie médiatique de l’ancien garde des sceaux sur la chaîne de radio « Africa N°1 » en 2018 n’a pas permis à l’opinion nationale de se défaire de cette thèse.

En effet, interrogé sur la date de son retour au Bénin, l’honorable Valentin Djènontin n’a donné qu’une réponse évasive. « Je n’ai pas encore fixé la date de mon retour. jai encore des activités à mener ici en France et les policiers qui sont postés aux frontières du Bénin peuvent toujours rester là. Je vais rentrer et on verra bien ce qui va se passer », avait affirmé l’honorable Valentin Djènontin.

Une réponse qui fait dire à beaucoup que le premier responsable du parti des Forces Cauris pour un Bénin Emergent ne rentrera pas de si tôt. Les auteurs de cette assertion cite le cas de l’ancien maire de la Commune de Cotonou Lehady Soglo qui annonce depuis plusieurs mois son retour sur la terre de ses aïeux mais n’a jamais eu le courage de faire suivre les actes à la parole. Ils en déduisent que l’honorable Valentin Djènontin est désormais dans le même schéma et par conséquent, il faut le considérer comme un exilé politique.

Le jeune Louis Tanhoundji sur les traces de Sébastien Ajavon ?

Le cas Louis Tanhoundji serait des plus tristes du lot. Jeune opérateur économique très influent dans le littoral, ce grand activiste de l’opposition a disparu comme Sébastien Ajavon contraint à l’exil après un procès expéditif où ses avocats ont été interdits de parole, depuis que sa firme de fabrication de “Pure Water” (WATER IS LIFE ) a été détruite dans les opérations de déguerpissement des espaces publics conduites manu militari par l’ex-préfet du Littoral Modeste Toboula et vandalisée par des individus sans foi ni loi. Louis Tanhoundji à en croire ses proches, serait lui aussi poursuivi et mis sous convocation pour son activisme politique. Selon les indiscrétions, les traces du jeune politicien seraient retrouvées en Guinée Equatoriale fuyant les représailles comme Valentin Djènontin et consorts. Mais la Guinée Equatoriale n’étant plus une terre d’asile et sécurisée pour les opposants béninois depuis l’arrestation et la mise en prison de l’opposant Béninois Bertin Koovi qui y séjourne depuis des années, Louis Tanhoundji aurait fui à nouveau pour une destination inconnue de tous jusqu’à ce jour. Il laisse derrière lui, femme et enfants comme ses camarades de lutte du parti Fcbe pour échapper à la vague d’arrestations lancée contre les opposants par le régime en place à travers cet épouvantail qu’est la Criet.

La Criet, une cour spéciale pour réprimer l’opposition

Le Béninois n’a plus confiance en la justice de son pays. Et pour cause : la juridiction d’exception qu’est la Criet donne de l’insomnie aux opposants du régime Talon qui voient en cette cour “un machin” créé de facto pour punir tous ceux qui ne parlent pas le même langage que les tenants du pouvoir de la Rupture.

Cette cour pénale spéciale, selon ses concepteurs a une compétence nationale et est chargée de la répression du crime de terrorisme, des délits ou crimes à caractère économique tels que prévus par la législation pénale en vigueur ainsi que la répression du trafic de stupéfiants et des infractions connexes.

A en croire le ministre de la justice, Sévérin Quenum, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme contribue à l’éradication de la délinquance financière au Bénin. Selon ce dernier, cité par le site d’information proche des milieux gouvernementaux « pour un pays comme le Bénin qui se veut émergent, une lutte implacable doit être menée contre ces fléaux. L’objectif est de mettre en confiance les investisseurs et de créer un environnement économique sain. »

Cependant, force est de constater que depuis sa création, la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme n’a pas bonne presse et n’inspire point confiance aux acteurs politiques qui ont le sentiment qu’elle n’est en réalité qu’une trouvaille du régime actuel pour se cacher derrière le slogan de lutte contre la corruption pour mettre au frais les adversaires politiques..

Me Gbago , ancien doyen de la Faculté de droit et de sciences politiques de l’Université d’Abomey Calavi, dit ouvertement que la Criet est une « anomalie juridique ».Selon lui, la Cour constitutionnelle aurait dû retoquer certaines dispositions de la loi portant création de la Criet qui violent le pacte international relatif au droit civil et politique ratifié par le Bénin. Tout ceci met les citoyens dans un doute profond sur les intentions réelles des dirigeants actuels et leur capacité à préserver la paix sociale chèrement acquise depuis l’historique Conférence Nationale des Forces vives de la Nation de février 1990.

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