Le Premier ministre indien Narendra Modi a qualifié la période actuelle de « décennie de catastrophes » pour le monde, lors d’un discours prononcé le 16 mai 2026 devant la diaspora indienne à La Haye, aux Pays-Bas. Cette déclaration intervient dans la deuxième étape d’une tournée diplomatique de cinq pays, marquée par les répercussions économiques des récentes frappes américano-israéliennes contre l’Iran.
S’exprimant en hindi devant la communauté indienne réunie à La Haye, le chef du gouvernement indien a énuméré trois chocs successifs : la pandémie de Covid-19, la multiplication des conflits armés et la crise énergétique actuelle. Modi a averti que sans changement rapide de la situation, les acquis du développement de plusieurs décennies pourraient être effacés et qu’une part importante de la population mondiale risquerait de retomber dans la pauvreté.
Le détroit d’Ormuz au centre de la crise énergétique
Le fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran, en réponse aux frappes conjointes de Washington et Tel-Aviv contre des sites iraniens, constitue l’élément déclencheur de la séquence évoquée par le Premier ministre indien. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette interruption représenterait le plus important choc d’approvisionnement jamais enregistré sur le marché pétrolier mondial. Ce passage maritime concentre habituellement près de 20 % du commerce mondial de brut.
L’Inde, qui importe environ 90 % de ses besoins en pétrole, figure parmi les économies les plus exposées. Modi a appelé à une utilisation mesurée des ressources pour préserver les réserves de change nationales.
Mesures d’urgence en chaîne à travers l’Asie
Plusieurs pays asiatiques ont déjà activé des dispositifs exceptionnels. Les Philippines ont décrété l’état d’urgence énergétique national, la Corée du Sud a invité ses habitants à réduire leur consommation d’électricité, et le Japon a engagé une vaste libération de réserves stratégiques de pétrole.
À Hyderabad, quelques jours avant son départ pour l’Europe, le Premier ministre indien avait déjà appelé ses concitoyens à des mesures d’austérité volontaires : recours au télétravail, limitation des voyages à l’étranger et réduction des achats d’or. Les compagnies pétrolières publiques indiennes ont absorbé une partie de la hausse du brut pendant 76 jours avant de relever, vendredi 15 mai, les prix de l’essence et du diesel de 3 roupies par litre.
Cette tournée de cinq pays de Modi se poursuit dans les prochains jours, avec à l’ordre du jour la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la coopération énergétique avec les partenaires européens.



