Photo d'illustration : Des élèves en salle d'examen

L’ex secrétaire général du Syndicat national des vacataires du Bénin, Samson Emenon, ne voit pas en quoi, le programme de pré-insertion dans l’enseignement initié par le gouvernement béninois permet vraiment de sortir les enseignants vacataires de la précarité. Pour lui, c’est plutôt une régression.

Un projet contre le mauvais traitement des enseignants vacataires au Bénin. Le programme spécial de pré-insertion dans l’enseignement initié par le gouvernement béninois n’en est pas vraiment un. C’est ce que l’ex secrétaire général du Syndicat national des vacataires du Bénin, Samson Emenon, est allé démontrer sur Soleil Fm mardi dernier.

Selon ses dires, cette précarité demeure et aurait été même renforcée avec la mise en œuvre de programme. «C’est maintenant qu’il y a encore la précarité parce que nous sommes allés plus en arrière que ce que nous vivions», a déclaré Samson Emenon sur « Boulevard des opinions ». Le seul point positif qu’il y voit est la sédentarisation dans un établissement. Mais une sédentarisation dans des conditions pas les meilleures, à l’en croire.

Moins payés alors que le service augmente

L’invité de Soleil Fm en veut pour preuve, certains termes du contrat signé avec ces milliers d’« aspirants au métier de l’enseignant ». Il relève d’abord la durée du contrat qui est de neuf mois l’an -30 septembre au 29 juin. « Le contrat précise vous pouvez être redéployé partout dans le pays mais on propose une prime de logement sur 9 mois. Et les trois autres mois ? », se demande-t-il.

Il y a également la question du quota horaire. Selon ses dires, en la matière, l’arrêté 129 du 24 mars 2016 portant charge horaire des enseignants n’est pas respecté. Il y a eu une augmentation de deux heures par catégorie. Pendant ce temps, la rémunération n’est pas à la hausse. A l’en croire, l’enseignant vacataire avait en moyenne 130.000 F Cfa par mois mais désormais il se retrouve dans une fourchette de 95.000 à 125.000 F cfa, y compris la prime de logement qui est de 20.000.

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Précisément, le professeur certifié est à 125.000 F Cfa, l’élève professeur certifié avec la maîtrise à 105.000 et l’élève professeur adjoint avec la licence à 95.000 F cfa. Et il est bien précisé dans le contrat que les intéressés ne peuvent plus intervenir dans le même sous secteur ailleurs sauf sur autorisation du directeur départemental.

Un redéploiement pénible

De plus, le redéploiement pour cette première expérience en cours soumet les aspirants à des conditions difficiles, d’après les explications de Samson Emenon. C’est le cas par exemple de ces vacataires et autres aspirants vivant au sud du Bénin mais que le gouvernement envoie dans le septentrion par une décision rendue publique vers la fin de la semaine et leur demande de prendre service lundi. Il est pénible à eux, de gérer le voyage et la question du logement en l’espace de deux à trois jours, surtout pour un vacataire qui vient de sortir des vacances sans fonds.

Aussi, ce redéploiement n’a-t-il pas tenu compte partout, des besoins des établissements. Pour conséquence, des élèves sont encore sans l’entièreté des professeurs après deux semaines de classe. Samson Emenon invite le gouvernement à revoir ce contrat si effectivement il veut offrir un emploi décent dans le secteur de l’enseignement.

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