Photo d'illustration

A la frontière de Sèmè-Kraké, la vie tourne au ralenti. Et pour cause! Depuis la décision de la fermeture des frontières terrestres prise par le grand voisin de l’Est, le Nigéria, et ceci jusqu’à fin Janvier 2020, les usagers de cette zone commerciale ne peuvent ni importer ni exporter des produits. Conséquence pour les populations qui gagnaient leur pain quotidien en exerçant leurs activités en ces lieux, c’est la vraie déprime. Une équipe de la rédaction a fait une descente sur le site. Reportage.

Ambiance inhabituelle ce lundi 11 novembre 2019 à la frontière de Sèmè-Kraké. Des marchés environnants presque déserts, des cambistes et magasiniers à la limite oisifs, des boutiques et des stands fermés et une circulation très fluide. C’est le constat fait par une équipe de notre rédaction qui a effectué une descente sur cette zone à forts échanges commerciaux.

En effet, réputée pour ses affluences en raison de la forte circulation des personnes et des biens, la frontière qui sépare le Bénin et le Nigéria n’est plus à ses moments chauds. Depuis le 20 août 2019, traverser la frontière nigériane est un véritable chemin de croix pour les usagers. A 18 heures déjà, apprend-on, la Police nigériane érige des barrières pour  ne les enlever qu’à 6 heures du matin. Les usagers qui jadis empruntaient l’allée réservée aux piétons et qui conduit au poste de contrôle se comptent aujourd’hui  sur les doigts d’une main. 

Faute de clientèle, les bonnes dames, visages engourdis par le manque de sommeil, somnolent. Les cambistes se livrent au jeu de cartes  pour tuer le temps. Les agents de la police et des douanes désœuvrés, passent la majeure partie de leur temps à s’endormir dans leurs bureaux. Pour preuve, à la recette des douanes de Sèmè-Kraké, aucun agent du plus petit au plus haut gradé n’était au poste à 12h37 minutes. Seul le secrétariat était ouvert et fonctionnel.

Les transitaires et autres agents du système de formalisation et de dédouanement des marchandises désormais en chômage technique, rasent les murs du poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké. A l’intérieur comme à l’extérieur, c’est un silence de cathédrale. Les vendeurs ambulants sont au repos. En somme, c’est un calme plat qui règne à la frontière bénino-nigérianne. 

Interrogé, Issa, vendeur de produits cosmétiques, nous a confié que les clients viennent à compte-gouttes. Le transport mobile est stable. Plus de camions garés le long de la voie qui conduit à la frontière de Sèmè-Kraké. Ils sont convoyés vers un parc de stationnement où ils sont garés à qui mieux mieux dans un désordre indescriptible. Ce qui fait dire à un de nos informateurs que le jour où on donnera le top de la reprise des activités, on assistera à une vraie débandade qui peut donner lieu à de véritables carambolages, tellement les conducteurs seront pressés d’être aux premières loges dans les files.

Idem pour certains véhicules particuliers appartenant sans doute aux agents affectés aux postes de contrôle :Ils sont garés pêle-mêle dans la cour.  En ce qui concerne les voyageurs individuels se rendant en touristes ou simples usagers de la route, la priorité est donnée aux détenteurs d’un passeport valide. Une dérogation spéciale est accordée aux véhicules de tourisme. Mais l’interdiction reste formelle pour tout véhicule de marchandises. 

Une situation inquiétante…

En l’absence d’affluence et du trafic majeur à la frontière de Sèmè-Kraké, l’Etat béninois principalement aura du mal à faire des recettes. Pour un riverain qui a voulu se livrer sous anonymat, cette situation causera un véritable manque à gagner pour le Bénin qui reste le pays le plus perdant dans cette décision prise par le Nigéria.

La plupart des usagers rencontrés ne cachent pas leur amertume. Agents de police, de la douane du Bénin et du Nigéria, transitaires, opérateurs économiques déplorent tous, sans exception la situation. A coup sûr, le train de vie des usagers prendra un coup. Les chiffres d’affaires des petits commerçants connaîtront une baisse vertigineuse, car sur les étalages, les produits restent sans être écoulés.

“Qu’allons-nous devenir?”, s’interroge dame Fatima, commerçante. Pour bon nombre d’usagers, si rien n’est fait dans les prochains jours pour ouvrir les frontières, il leur sera très difficile de subvenir à leurs besoins. Mais jusqu’où ira cette situation quand on sait que les autorités nigérianes sont restées fermes sur leur décision avec un probable prolongement de la date d’ouverture des frontières terrestres? Seuls les initiés pourront répondre, mais pour l’heure les usagers de la frontière bénino-nigérianne continueront de vivre leur calvaire.

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4 Commentaires

  1. @Monwè
    Tu as la réaction pathétique du Béninois moyen. Gageons que tu ne peux pas faire mieux, toi qui parait largement moins instruit que ceux que tu appelles avec dédain les villageois de Krake.
    Il s’agit là, bel et bien, d’une enquête menée sur le terrain avec la parole donnée à des usagers. Ça s’appelle enquête!. Et elle a la le mérite de creuser un peu plus la situation et de nous livrer quelques réalités du terrain, là où les gouvernants sont d’un mutisme douteux, pervers et indifférent aux souffrances du peuple.
    Apprends à apprécier les choses à leur juste valeur . Et surtout sors de ce coma dans lequel tu végètes depuis 2016 malgré mes avertissements répétés au risque de te retrouver du jour au lendemain dans l’au-delà du supportable et du reversible ! Klébé de service!

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