Le débat sur la restitution des œuvres culturelles et autres trésors historiques aux pays et peuples africains auxquels ils appartiennent avait en France connu un tournant décisif quand Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, déposaient leur « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle ».

La Conservation, un problème épineux

Depuis, le président Macron tâchait d’activer le processus de retour des œuvres, mais pour bon nombre de pays africains, dont la RDC et le Bénin, ce retour s’avérait problématique. Alors que la question de la volonté politique des pays de l’occident quant à la restitution des biens culturels à l’Afrique, semblait close, du moins en ce qui concernait la France, il se posait avec insistance celle de la conservation de ces œuvres.

Pour de nombreux grands musées internationaux, l’Afrique n’avait pas les installations et la technicité pour la pérennisation de ces artefacts. A cela l’économiste sénégalais Felwine Sarr, répliquait à la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar en Mars dernier, « Cette inquiétude est importante mais pas déterminante et ne doit pas constituer la seule raison qui milite pour une non restitution. Il est évident que lorsque les œuvres sont présentes, la société s’organise pour leur conservation ».

Dans les faits pourtant ce serait une autre histoire. En juillet dernier, le ministre français de la Culture, Franck Riester, préconisait après le fameux rapport Sarr-Savoy,  et les  multiples relances du gouvernement béninois; de faire en sorte que les « totems et autres sceptres royaux, si attendus » soient dans les plus brefs délais « vus, admirés et étudiés au Bénin ».

Que les émotions ne prennent pas le dessus sur la réflexion

Mais le directeur de l’Agence nationale de promotion des Patrimoines et du Tourisme (ANPT) béninoise, José Pliya, répondait ; « patience, gardez-les encore un petit peu le temps que nous soyons vraiment prêts » ; des musées en projet n’étant pas encore sortis de terre.

Un son de cloche similaire s’entendait depuis la RDC, où malgré l’inauguration en juin dernier du Musée national de la République démocratique du Congo (MNRDC), construit à grand frais, grâce à l’aide de partenaires techniques et financiers, (Corée du Sud) ; le retour des œuvres culturelles et autres artefacts historiques, ne serait pas encore possible.

C’est que la RDC, dont le récent MNRDC serait le seul musée encore viable, se devait déjà de trouver une alternative à la pérennisation de milliers d’œuvres d’art, 45.000  en tout, conservées de manière précaire dans d’autres institutions. Alors pour des experts congolais, dont le professeur Placide Mumbembele, cette question de la restitution des artefacts, se devait d’être appréhendée dans la « douceur, et non avec des émotions qui prennent le dessus sur la réflexion ».

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