Le 26 avril dernier, huit organisations humanitaires déposaient recours en justice près le  tribunal administratif de Paris contre la France pour complicité dans les violations des droits de l’homme en Libye. Au nombre des requêtes, était la suspension, en raison de doutes sérieux quant à sa légalité, d’une livraison de bateaux prévue par le ministère des Forces armées à destination des garde-côtes libyens. Ce lundi, les associations plaignantes annonçaient que le gouvernement renonçait à sa livraison.

« Une victoire pour des hommes, femmes, et enfants… »

Selon les associations plaignantes, ce serait dans une un mémoire adressé au tribunal administratif de Paris et daté du 26 novembre, que la ministre des Forces armées Florence Parly aurait déclaré : « Si le transfert était un moment envisagé pour le bénéfice de la Libye, le ministère a finalement décidé de ne pas livrer les bateaux à cet Etat ». La France sous la pression des associations humanitaires, acceptaient donc de faire machine arrière sur ce volet très important quant à sa politique de la gestion des flux migratoires.

Pour MigrEurop, un réseau européen et africain (…)dont l’objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, cette décision du gouvernement français était « une victoire pour des hommes et des femmes et enfants que ces bateaux auraient reconduits vers un pays où ils couraient le risque d’être à nouveau détenus, torturés, violés ». Car pour cette organisation et pour bon nombre d’autre, internationalement reconnus et d’ailleurs signataires du recours contre la décision de la France ; la Lybie à cause des très mauvaises conditions d’accueil et de gestion des camps de réfugiés ne pouvait plus être une destination pour des migrants secourus.

De  ce fait l’annonce faite par le ministère français en février dernier, de faire parvenir au garde-côtes libyens « six canots gonflables semi-rigides de 12 mètres » pour lutter contre l’immigration illégale, avait été considérée et semble-t-il reconnu, comme une violation du « traité sur le commerce des armes ainsi que de l’accord commun 2008/944 / PESC de l’Union européenne lui interdisant de transférer du matériel militaire dans un pays où il risque d’être utilisé pour commettre ou faciliter des violations des droits de l’homme. »

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