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(ENQUETE) Marché de Covè : Quand la collecte des taxes divise usagers et mairie

Photo : LNT

A Covè, la mairie perçoit des taxes auprès des différents vendeurs, vendeuses, gestionnaires de boutiques et propriétaires de hangars du principal marché de la commune. Mais la collecte se déroule parfois avec beaucoup de brutalité et cela irrite les contribuables. Le seul grand marché de la commune de Covè dans la région Agonli au Bénin est animé tous les cinq(05) jours. Le marché accueille plusieurs usagers venus de tous les coins du pays. Des vendeurs de tissus aux revendeuses de jarres pétries, des bouchers aux tisserands, tout le monde y à sa place avec une catégorisation de l’espace.  Les esplanades de ventes à l’intérieur du marché et aux abords sont soigneusement répertoriées. 

Pour assainir les finances provenant du marché de Covè, les autorités communes grâce à l’appui de la Coopération allemande GIZ ont procédé à une catégorisation des différentes zones à l’intérieur du marché. Ainsi, lors du prélèvement des taxes, les agents collecteurs procèdent à la remise des tickets sur lesquels sont mentionnés des modalités comprises entre 50 francs Cfa et 200 francs Cfa. 

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Anastasie, à peine la trentaine, corps arrondi est propriétaire de boutiques et commercialise les friperies et les verres de salon. Depuis bientôt deux ans, elle occupe ces deux boutiques où l’aide Blanche sa sœur cadette. La collecte des taxes ici est une obligation à laquelle nous soumettent les agents de la mairie, fait-t-elle savoir. « Parfois, ils saisissent nos articles pour 200 francs alors qu’à cause de coronavirus les clients ne sortent plus », a-t-elle lancé. 

La morosité économique et les affres de la pandémie du coronavirus ont réduit ostensiblement le pouvoir d’achat des usagers moins nombreux dans le marché ce 09 décembre. La collecte des taxes sans parfois la remise de tickets est également monnaie courante à l’intérieur du marché, fustige Hamed, revendeur. « Moi j’ai l’habitude de payer 100 francs. Parfois quand ils viennent, ils me demandent l’argent. Mais quand je donne, je n’ai plus le reçu. Ils s’en vont sans me le remettre », a-t-il confié.

La résistance des usagers…

Lors de la collecte des taxes communales à l’intérieur du marché de Covè et aux abords de ce centre commercial, toute résistance est foncièrement découragée, nous a confié Patrice Houinsinou, secrétaire général de la commune. En effet, en cas de saisie des articles pour non-paiement, l’intéressé rembourse dix (10) fois le montant qu’il devrait payer et présenter au commissariat lorsqu’il s’agit de violences sur les agents collecteurs.

La sécurisation et la fiabilité des tickets…

La distribution et la remise des tickets aux agents municipaux se fait par la division des affaires économiques de la commune de Covè qui centralise les collectes. En vue de maximiser les ressources, il a été créé une régie de recettes pour centraliser les avoirs propres de la commune ainsi qu’une régie d’avances pour l’exécution de certaines dépenses urgentes de fonctionnement. Ces dispositions sont prises pour éviter les risques de dispersion des ressources, apprend-t-on de sources proches de la régie financière communale.

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Cependant, il y a toujours de fuites de ressources au niveau des agents collecteurs mais la situation est en train de changer parce qu’il y a eu suffisamment de sensibilisation, renseignent nos informateurs. A la mairie de Covè, onze (11) agents communaux s’occupent de la collecte des différentes taxes. Permanents au sein de l’effectif communal, ces agents font la ronde tous les cinq jours pour procéder au ramassage avec une manne quotidienne moyenne de 120.000 francs Cfa collectée chaque jour de marché, selon nos multiples informateurs au sein de l’équipe communale.

L’usage fait des ressources…

Les nombreuses plaintes persistantes portées à l’endroit des autorités communales ont permis de restructurer la chaîne de dépense. Les fonds collectés servent à financer l’ensemble des charges de la commune. Ces charges sont prioritairement les salaires et les besoins de fonctionnements de l’administration communale. Chaque année, une épargne de gestion de 20% est faite sur le bilan de gestion annuel, a indiqué notre source, ce qui permet d’engranger des points dans l’attribution des fonds Fadec.

Selon les agrégats variables de prix, le montant pour le paiement du droit d’occupation de place publique en ce qui concerne les boutiques s’élèvent à 18.000 francs Cfa l’année, même prix pour les vendeurs d’essence. Les vendeurs ambulants sont systématiquement repérés car ne possédant pas une place et leur contribution ne saurait être négligée, a rappelé Patrice Houinsinou, secrétaire général de la commune.

Le marché impraticable en saison pluvieuse…

Les voies d’accès au marché de Covè sont d’une impraticabilité indescriptible en période de pluie, à en croire les usagers du marché. Les nombreuses ressources collectées devront servir à réhabiliter le marché et permettre aux usagers de circuler pour le mieux. Selon l’un des responsables du marché qui a requis l’anonymat pour éviter d’éventuelles représailles. « Nous avons tout le temps demandé qu’on nous vienne en aide, pour un temps soit peu, soulager nos peines. Mais jamais, nos autorités ne réagissent », se désole F.H. l’un des premiers occupants du marché de Covè.

La réaction de la commune…

La mairie de Covè fait face à de multiples demandes auxquelles réagissent de façon proportionnelle l’exécutif communal, insiste le secrétaire général. « Les ressources propres de la commune sont limitées et ne pourraient faire face à toutes les sollicitations des différentes couches de la population. La division des finances fait un travail considérable en s’assurant de la gestion rigoureuse des ressources collectées », répond Patrice Houinsinou. Les interventions dans les secteurs d’activités dont le reprofilage des voies et les aménagements des espaces, l’extension d’eau, l’électrification seront progressifs, dit-on à la mairie de Covè.

Jacob Anani, Partenariat LNT/OSIWA

Une réponse

  1. Avatar de Tchité
    Tchité

    A l’ ère du numérique, ils sont encore incapables de mieux gérer les entrées et sorties et se plaignent des collectes qui continuent à manquer. Et pourtant des solutions existent à moindre coût.

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