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(ENQUETE) Gestion des ordures ménagères à Dassa-Zoumè : l’enfouissement, l’autre alternative

Photo d'illustration

Dassa-Zoumè, porte d’entrée des collines est le chef-lieu de ce département de six communes. Avec ses dix arrondissements, la commune traverse d’énormes difficultés en ce qui concerne la gestion des déchets solides ménagers. Elle regorge de petits dépotoirs d’ordures qui pullulent le long des artères en dépit des nombreuses sensibilisations faites à l’endroit des populations. L’incinération des ordures et leurs enfouissements sont les pratiques les plus courantes à Dassa au mépris des règles environnementales et sanitaires.

A Dassa 1 et 2, les déchets solides  sont éparses le long des rues. Les tas d’ordures brûlées, les ordures enfouies laissées à la portée des usagers vous accueillent malheureusement sous les regards impuissants des autorités communales. Dans les agglomérations, le constat est encore plus tangible en raison de la flopée de dépotoirs sauvages et de puits remplis d’ordures qui jonchent le paysage.La présence des dépotoirs sauvages près des habitations, l’obstruction des voies et le remblayage des creux par les déchets, l’éparpillement de ces déchets par les animaux en divagation et le vent, le brûlage des déchets du fait de l’inexistence des structures de gestion des déchets, le manque de sensibilisation et de comportements éco citoyens font que les maladies et les nuisances olfactives sont le quotidien des populations.

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Etat des lieux…

La gestion des ordures ménagères appelées déchets solides ménagers est une filière en pleine décrépitude à Dassa-Zoumè dans le département des Collines. Il y a quelques années, un zonage de la commune a été fait grâce à l’appui de certaines organisations de la société civile spécialisées dans la collecte de ces déchets solides. En effet, la cellule Développement communautaire et assainissement du milieu (DCAM), structure locale a contribué d’une manière ou d’une autre à la restructuration du secteur. C’est ainsi qu’en 2017, les agences de collectes formées sont devenues autonomes afin d’assurer le relai. A l’époque, 05 agences assuraient le ramassage des déchets solides ménagers dans la commune. A la date d’aujourd’hui, seulement deux ont su résister dans le temps avec d’énormes difficultés, à en croire Léontine Koutchika, responsable suivi-formation des structures de collecte des déchets solides ménagers dans la commune de Dassa-Zoumè.

Mécanisme de collecte des déchets à Dassa…

Le mécanisme de collectes entre-temps mis en vigueur par les structures en charge du ramassage d’ordures à Dassa-Zoumè était basé sur l’abonnement. Un mode qui permet aux parties contractantes de bénéficier mutuellement de divers services. Cet engagement équivaut à un ramassage par ménage de deux fois au cours de la semaine contre un paiement mensuel de 1500 francs Cfa ou 2000francs par endroit. Ensuite, les déchets sont convoyés vers les points de décharges qui sont brûlés apprend-t-on, faute de politique d’évacuation des ordures. 

La réglementation en vigueur…

La gestion des déchets solides, quant à elle, renvoie à l’ensemble des opérations d’évacuation des déchets depuis les lieux de production à savoir les ménages ou les marchés jusqu’à leur élimination finale. Le Bénin s’est doté d’un arsenal juridique et réglementaire dont la politique nationale d’assainissement, la loi-cadre sur l’environnement ainsi que les lois sur la décentralisation. Le pays dispose également du décret N°2003-332 du 27 août 2003 portant gestion des déchets solides en République du Bénin. Ce décret s’intéresse entre autres à la prévention et la limitation des déchets et leur nocivité lors de leur production et lors de leur gestion en mettant un accent particulier sur la promotion de leur valorisation. En ce qui concerne la loi-cadre sur l’environnement, elle pose les principes de base de la protection de l’environnement. La loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin confère à la commune la maîtrise d’ouvrage dans le domaine de l’assainissement sur son territoire dans le respect de la stratégie sectorielle, des réglementations et des normes nationales en vigueur. La loi précise entre autres que la commune a la charge de la collecte et du traitement des déchets solides autres que les déchets industriels.

Les pratiques en cours à Dassa….

Dans la commune de Dassa-Zoumè, l’enfouissement des ordures ménagères est la mode la plus répandue suivie de l’incinération des déchets. Les populations refusent de s’abonner, fait savoir Luc Bossou, responsable financier d’une structure de collecte de déchets solides. Selon la pratique, des trous sont creusés et on y jette les ordures. Les puits taris sont aussi utilisés comme dépotoirs où les déchets y sont versés. L’autre fait courant est aussi la pratique endogène de brûlage de ces déchets avec notamment 203 dépotoirs sauvages détruits aussi bien derrière les maisons qu’au niveau de la grotte mariale.

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« La situation économique que nous traversions ne nous permettait pas de nous abonner. En fin de soirée, je prenais moi-même les ordures que je vais déverser dans le trou que j’ai fait au niveau de ma cour-arrière pour les faire brûler le lendemain au petit matin », a avoué Serge Tossè, conducteur de taxi-moto à Dassa. Lorsque ces dépotoirs sont jugés ennuyeux, les populations s’en occupent. Il s’agit alors de brûler à l’air libre ces tas d’immondices. Ces pratiques se sont généralisées et sont devenues des occasions de rassemblement des populations pour les causes dites communes.

Les actions de sensibilisations faites par la commune…

Face à l’ampleur de la situation et face aux menaces sur l’environnement et la santé, le conseil communal de Dassa-Zoumè a eu à initier des journées mensuelles de l’environnement déroulées les derniers samedis de chaque mois. L’opération consiste à mettre à disposition des structures de collectes des déchets solides, des tracteurs pour détruire les dépotoirs sauvages présents dans les 14 quartiers des deux premiers arrondissements de la commune. Par ailleurs, les organisations de la société civile initient elles-aussi des séances de sensibilisations à l’endroit des populations à travers des relayeurs communautaires mais aussi et surtout des émissions périodiques animées sur la radio locale Ilèma FM de la localité. 

Les conséquences sur l’environnement et la santé…

La gestion inefficace des déchets engendre des risques de pollutions chimiques pour l’environnement et la santé des populations vivant ou non à proximité, selon Marc Bodjrènou, environnementaliste à la direction départementale Zou du ministère du cadre de vie et du développement durable.  Cette pollution chimique est d’origine diverse: organique, minérale et métallique. La commune de Dassa-Zoumè produit en moyenne par an plusieurs tonnes de déchets solides ménagers. La commune connait un phénomène d’urbanisation imputable à l’exode rural et à la croissance démographique. Cette explosion démographique est synonyme de production et d’accumulation rapide des déchets solides et par conséquent, de détérioration de l’environnement et d’augmentation des risques d’insalubrité. 3923 tonnes sorties des deux premiers arrondissements de la commune en 2015, 3985 en 2016, 3048 en 2017, 4111 en 2018 et 4177 en 2019. « Les autorités communales sont conscientes de l’état délabré dans lequel se trouve la commune », a indiqué l’un des responsables de structures de collectes des déchets dans l’arrondissement de Paouignan.

Les actions de la commune…

Selon le maire de la commune de Dassa-Zoumè, Nicaise Fagnon, « la situation que traverse la commune pose un véritable problème d’incivisme ». Malgré que les populations aient été sensibilisées, les dépotoirs sauvages se multiplient, s’indigne l’autorité municipale. « Nous nous attelons pour doter les groupements de collectes de logistiques pour évacuer les déchets. Cela fera générer des emplois pour les jeunes », a-t-il affirmé.

(Jacob ANANI, Partenariat OSIWA-LNT, Dassa-Zoumè, Février 2021)

2 réponses

  1. Avatar de sultan aziz
    sultan aziz

    j’ai trop..participé à ce forum…depuis..20 ans

    Peut on me faire ce plaisir…de m’occuper…au mement o pportun…des guguss…qui nous nargent…à longeur de journée..

    Entre cotonou et ouidah…il y a une petite foret…tranquille….ou je peut bien…..discuter tranquille…avec ces gens….

  2. Avatar de sultan aziz
    sultan aziz

    les ordures managers…certes….il faut en occuper

    Les ordures humains…ont en fiat quoi…et pourtant celà nous pollue la vie

    Agadjavi…monwé paul vive…allaommann…dr doss..paysan…sont manifestement des ordures..

    Dis je on en fait…quoi en attendant leur sort…qui sera tragique…je vous le jure

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