Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a pris des mesures significatives pour renforcer sa sécurité en nommant deux nouveaux responsables. Les généraux Tomas Djassi et Horta Inta ont été investis lundi dans leurs fonctions respectives de chef de la sécurité présidentielle et chef d’état-major particulier du président. Cette démarche intervient dans un contexte continental particulièrement tendu, marqué par les récents coups d’État en Niger et au Gabon. Ces pustchs ont été orchestrés par des responsables de la sécurité présidentielle, ce qui soulève des questions sur la loyauté des gardes rapprochés des chefs d’État.
Après Biya et Kagame…
Cette réorganisation de la sécurité présidentielle en Guinée-Bissau n’est pas isolée sur le continent africain. Le président du Cameroun, Paul Biya, et le dirigeant rwandais, Paul Kagame, ont également effectué des changements majeurs dans leur dispositif sécuritaire. Notamment, Kagame a mis à la retraite une dizaine de généraux, dont son bras droit sécuritaire de longue date, le général James Kabarebe. Ces manœuvres sont souvent interprétées comme des tentatives de prévenir d’éventuels coups d’État en assurant la loyauté des nouvelles recrues.
Le choix stratégique des généraux Djassi et Inta
Les profils des généraux Djassi et Inta sont particulièrement notables dans le contexte guinéen. Djassi était auparavant à la tête de la Garde nationale, une unité d’élite dont l’intervention a été cruciale pour déjouer un coup d’État contre Embalo en février 2022. Quant à Inta, il dirigeait le commissariat central de Bissau, une institution souvent sous la gouvernance militaire. Leur nomination pourrait donc être vue comme une stratégie du président Embalo pour renforcer sa sécurité avec des hommes de confiance.
Le président Embalo ne cache pas ses inquiétudes sur la possibilité d’un coup d’État. En conférence de presse, il a déclaré que « tout mouvement suspect aura une réplique adéquate« , montrant ainsi sa détermination à défendre son pouvoir. Il a également mis en garde contre toute tentative de renversement, soulignant que des luttes prolongées en résulteraient. Ces déclarations traduisent un sentiment d’urgence et une conscience claire des risques liés au contexte actuel.
Un acte anticipatoire dans un climat politique tendu
La récente nomination de ces deux généraux en Guinée-Bissau s’inscrit donc dans une dynamique plus large de chefs d’État africains renforçant leur sécurité dans un environnement politique de plus en plus instable. Alors que des vétérans de l’armée comme Kabarebe au Rwanda font place à de nouveaux visages, le paysage sécuritaire et politique du continent est en pleine mutation. Les mesures prises par Embalo, comme celles de Kagame et Biya, sont moins des actes de paranoïa que des initiatives préventives, conçues pour naviguer dans des eaux de plus en plus troubles.
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