Pétrole russe: comment les sanctions ont eu l’effet inverse sur les recettes

Les exportations pétrolières russes ont maintenu leur essor malgré les sanctions internationales mises en place pour limiter les bénéfices générés par cette activité. Depuis plus d’un an, un plafond de 60 dollars par baril de brut a été imposé par le G7, l’Union européenne et l’Australie sur le pétrole russe destiné aux pays tiers. Cette mesure était censée restreindre les revenus pétroliers de la Russie après l’invasion de l’Ukraine.

Pourtant, selon les estimations de Bloomberg, les revenus pétroliers russes ont grimpé de manière spectaculaire, atteignant 11,3 milliards de dollars entre avril et octobre 2023, dépassant ainsi tout record depuis mai 2022. Cet échec patent des sanctions occidentales a suscité des interrogations sur l’efficacité réelle de ces mesures restrictives.

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L’accord prévoyant le plafonnement du prix du baril devait dissuader les entreprises des pays du G7, de l’Union européenne et de l’Australie d’impliquer leurs services dans le commerce de pétrole russe au-dessus du prix convenu. Cependant, des lacunes dans l’application de ces mesures ont été exploitées par des acteurs économiques opaques, permettant jusqu’à présent l’évaporation de jusqu’à 11 milliards de dollars de pétrodollars annuellement entre le départ de la Russie et l’importation finale.

Paradoxalement, alors que l’Union européenne a brusquement coupé ses importations de pétrole russe, la Russie a trouvé de nouveaux partenaires commerciaux tels que l’Inde et la Chine pour pallier cette perte. Ces nouvelles orientations commerciales ont contrecarré l’effet escompté des sanctions en ouvrant de nouveaux marchés pour les exportations pétrolières russes.

Les sanctions, conçues pour limiter les revenus pétroliers russes sans pour autant provoquer une hausse mondiale des prix de l’énergie, ont déçu dans leur objectif initial. Au lieu de restreindre l’accès aux fonds pétroliers utilisés pour financer la guerre en Ukraine, elles ont généré des failles favorisant le retour de ces fonds vers le Kremlin. Cette situation a soulevé des critiques acerbes à l’encontre de ces mesures, dénonçant leur inefficacité et leur impact limité sur la politique extérieure russe.

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