Afrique: ce pays arabe défie la Chine et compte se faire une place

L’Arabie saoudite, longtemps perçue comme une puissance régionale, aspire désormais à jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale, et ce, non seulement sur le plan géopolitique, mais surtout sur le plan économique et financier. Confronté à l’inéluctable nécessité de se préparer à l’après-pétrole, Riyad explore de nouvelles opportunités, et l’Afrique émerge comme une cible stratégique.

Le 10 janvier 2024, l’Arabie saoudite a concrétisé cette vision en signant des protocoles d’accord avec des poids lourds africains, à savoir le Maroc, l’Égypte et la République Démocratique du Congo (RDC), lors de la conférence minière Future Minerals Forum. Ces accords, axés sur la coopération dans le domaine des richesses minérales, représentent une étape cruciale dans la stratégie saoudienne de diversification économique.

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Les signataires de ces protocoles incluent la ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali ; le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Tarek el-Molla, ainsi que la ministre congolaise des Mines, Antoinette N’samba Kalambayi. L’Égypte, particulièrement active dans la recherche d’investissements saoudiens depuis 2022, et la RDC, cherchant à échapper à l’influence chinoise, témoignent de l’attrait grandissant de l’Afrique pour Riyad.

La République Démocratique du Congo, riche en ressources minières, a été l’objet d’une concurrence féroce entre la Chine et d’autres acteurs internationaux. La visite du président Tshisekedi à Pékin en 2023 visait à renégocier des accords défavorables conclus avec la Chine. L’Arabie saoudite, avec son fonds Manara Minerals, issu d’une coentreprise entre Ma’aden et le Fonds d’investissement public saoudien, est idéalement placée pour investir massivement dans le secteur minier congolais, créant ainsi une dynamique nouvelle et stimulante.

Bien que l’Arabie saoudite devra faire face à une concurrence acharnée, notamment de la part de la Chine et de la Turquie, sur le marché congolais, ses ressources financières considérables et son engagement renforcent sa position. Le Maroc, de son côté, offre un terrain de jeu complexe avec la présence déjà affirmée de puissances telles que la Grande-Bretagne, Israël, l’Europe et les Émirats arabes unis.

Une réponse

  1. Avatar de Le Baikal
    Le Baikal

    L’Arabie saoudite ne peut pas défier la Chine dans tous les domaines , Ryadh veut se placer en complément de la Chine et de la Russie dans des domaines inexplorés par ces deux pays.
    Mais la volonté de MBS de sortir de l’enclave arabique est une très bonne chose , c’est ce que les expert appelle : un monde mutipolaire.

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