Or en Afrique: ce pays suspend l’exportation de la production artisanale

Le Burkina Faso, pays d’Afrique de l’Ouest, se trouve confronté à un défi majeur dans la gestion de son secteur minier, en particulier celui de l’or, son précieux minerai. Avec une production qui le place au quatrième rang des producteurs du continent, le pays a récemment pris une décision drastique : la suspension des exportations d’or provenant de l’exploitation artisanale. Cette mesure, annoncée par le ministre des mines Yacouba Zabre Gouba, entre en vigueur dans le cadre des efforts du gouvernement pour assainir et mieux organiser ce secteur crucial de son économie.

Depuis l’avènement du pouvoir militaire en 2022, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré suite à un coup d’État, le Burkina Faso a cherché à revoir sa politique minière. En novembre de la même année, le chef militaire a affirmé que l’or était devenu la première ressource d’exportation du pays, soulignant ainsi l’importance vitale de sa gestion adéquate. Cette décision intervient alors que le pays est confronté à une insurrection militante, engendrant des conséquences désastreuses avec plus de 17 000 morts et deux millions de personnes déplacées depuis 2015.

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Le lien entre l’or et le financement du terrorisme a été mis en lumière par le capitaine Traoré, soulignant ainsi l’urgence de contrôler et de réguler le commerce de ce métal précieux. Les autorités estiment que la fraude et les activités illégales dans le secteur minier alimentent indirectement ces groupes extrémistes, compromettant ainsi la sécurité nationale et régionale.

Malgré sa contribution significative aux revenus de l’État, représentant 14,3% selon les données de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), le secteur minier fait face à des défis majeurs. La production d’or a subi une baisse notable, passant de 66,8 tonnes en 2021 à 57,6 tonnes en 2022. Cette chute peut être attribuée en partie à la difficulté à contrôler le secteur artisanal, qui, selon les estimations du ministère des mines, produit annuellement 10 tonnes d’or supplémentaires, échappant souvent à toute régulation.

Ainsi, la suspension des exportations d’or provenant de l’exploitation artisanale s’inscrit dans une démarche plus large visant à réformer et à mieux organiser le secteur minier au Burkina Faso. Cette décision, bien que drastique, vise à garantir une exploitation plus transparente et éthique des ressources du pays, tout en luttant contre les activités illégales qui compromettent sa stabilité économique et sécuritaire.

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