Énergie au Maghreb : baisse de la facture de ce pays

Photo Reuters

Dans les pays en développement, la dépendance aux importations énergétiques représente souvent un fardeau économique majeur. Ces nations consacrent généralement une part substantielle de leurs ressources financières à l’acquisition de produits énergétiques, ce qui impacte directement leurs balances commerciales et leurs réserves de devises. Cette vulnérabilité aux fluctuations des prix mondiaux de l’énergie peut compromettre la stabilité économique et freiner les investissements dans d’autres secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Pour un pays comme le Maroc, dépourvu de ressources pétrolières significatives, la maîtrise de la facture énergétique constitue un enjeu stratégique pour son développement économique.

Allègement des coûts d’acquisition des hydrocarbures

Les statistiques publiées par l’Office des changes marocain témoignent d’une évolution positive pour les finances du royaume. Le montant total des achats énergétiques a plafonné à 18,33 milliards de dirhams durant les deux premiers mois de 2025, soit une contraction de 1,9% par rapport à l’année précédente.

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Cette tendance favorable s’explique principalement par la réduction des achats d’huiles de pétrole et produits lubrifiants. Ces acquisitions ont chuté de 20,1%, atteignant 1,48 milliard de dirhams, participant ainsi à l’amélioration du bilan énergétique national.

Dynamique prix-volume favorable à l’économie nationale

L’examen des importations de carburants révèle un mécanisme économique avantageux pour le Maroc. Le royaume a tiré profit d’une détente des tarifs sur le marché mondial, avec un fléchissement de 12,4% des prix d’acquisition des gas-oils et fuel-oils. Cette diminution a compensé largement l’accroissement quantitatif des importations, en hausse de 8,6%.

Ce phénomène a entraîné une diminution de 4,9% des dépenses consacrées aux achats de gas-oils et fuel-oils, démontrant comment la baisse des cotations internationales peut neutraliser l’effet d’une demande énergétique croissante. Pour l’économie marocaine, cette configuration représente un soulagement pour sa balance commerciale.

Perspectives énergétiques : vers une diversification accélérée

L’avenir énergétique du Maroc s’oriente vers une transformation structurelle majeure. Le royaume poursuit activement sa stratégie de transition vers les énergies renouvelables, avec des projets solaires et éoliens ambitieux qui visent à réduire progressivement sa dépendance aux importations d’hydrocarbures. Les complexes solaires de Noor et les parcs éoliens du nord du pays constituent les fers de lance de cette politique.

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Les analystes économiques anticipent qu’à moyen terme, cette diversification des sources d’approvisionnement énergétique permettra au Maroc de mieux résister aux chocs pétroliers et d’améliorer durablement sa balance commerciale. De plus, les récentes découvertes de gaz naturel offshore pourraient également contribuer à renforcer l’autonomie énergétique du pays dans les prochaines années, tout en soutenant ses objectifs de réduction des émissions de carbone conformément à ses engagements climatiques internationaux.

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