Automédication : Une pratique dangereuse pour la santé des enfants

Dans de nombreux foyers, l’automédication est devenue un réflexe quasi automatique face à la maladie d’un enfant. Fièvre, toux, diarrhée, maux de ventre ou fatigue inhabituelle : avant même de consulter un agent de santé, certains parents se tournent vers des médicaments conseillés par un voisin, un proche ou un vendeur ambulant. Une pratique banalisée, souvent motivée par la pauvreté, la méconnaissance ou l’urgence apparente, mais qui peut avoir de graves conséquences sur la santé des enfants. « Quand le fils de la voisine avait eu les mêmes symptômes, c’est ce médicament qui l’a guéri », entend-on souvent dans les conversations. Cette logique, pourtant dangereuse, guide de nombreuses décisions parentales. Par souci d’économie ou par paresse ou autres raisons, des parents administrent à leurs enfants des médicaments sans ordonnance, parfois sans connaître la posologie exacte ni même la nature réelle de la maladie. Cette pratique repose sur une confusion fréquente : croire que des symptômes similaires traduisent forcément la même maladie. Or, chez l’enfant, une fièvre peut cacher une infection bénigne comme une pathologie grave nécessitant une prise en charge urgente. L’automédication masque souvent les signes réels de la maladie et retarde le diagnostic médical.

Des médicaments inadaptés et mal dosés

L’un des plus grands dangers de l’automédication chez l’enfant réside dans le dosage. Contrairement aux adultes, les enfants nécessitent des doses adaptées à leur âge, leur poids et leur état de santé. Donner un comprimé entier « parce que ça a marché chez un autre enfant » peut entraîner un surdosage, provoquant des intoxications graves. Par ailleurs, certains médicaments sont formellement contre-indiqués chez les enfants. Les antibiotiques, par exemple, sont souvent utilisés à tort et sans prescription. Cette mauvaise utilisation favorise l’antibiorésistance, un phénomène qui rend les bactéries plus résistantes aux traitements, compromettant ainsi l’efficacité future des médicaments. Les effets néfastes de l’automédication ne sont pas toujours immédiats, ce qui renforce la fausse impression de sécurité. Pourtant, à moyen ou long terme, les conséquences peuvent être lourdes : atteintes hépatiques ou rénales, troubles digestifs, allergies sévères, affaiblissement du système immunitaire, voire décès dans les cas les plus graves. Dans certains cas, l’administration inappropriée de médicaments traditionnels ou de mélanges de produits pharmaceutiques et de décoctions expose l’enfant à des interactions médicamenteuses dangereuses. Ces pratiques peuvent également aggraver la maladie initiale, rendant la prise en charge médicale ultérieure plus complexe et plus coûteuse.

La responsabilité collective face à une pratique banalisée

L’automédication des enfants n’est pas seulement le fait des parents. Elle est encouragée, parfois inconsciemment, par l’entourage, les vendeurs de médicaments de rue et même certains agents non qualifiés qui prodiguent des conseils médicaux sans compétence avérée.

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