*Le chef du gouvernement burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a adressé un avertissement clair aux partenaires internationaux de son pays ce jeudi 15 janvier 2026. Recevant le nouvel ambassadeur du Royaume-Uni Angus McKee à Ouagadougou, le dirigeant a fixé les lignes rouges de la diplomatie burkinabè. Tout en affirmant l’ouverture du Burkina Faso à la coopération internationale, il a prévenu que les relations asymétriques ne seront plus tolérées. L’enjeu de cette audience réside dans la *redéfinition des conditions d’engagement entre Ouagadougou et ses partenaires occidentaux.
Le Premier ministre burkinabè n’a pas mâché ses mots devant le diplomate britannique venu effectuer sa prise de contact officielle. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a formulé une mise en garde sans ambiguïté à l’endroit de toutes les nations souhaitant collaborer avec son pays. « Toute coopération qui porte un caractère de domination sera dénoncée et rompue », a-t-il lancé, traçant ainsi une frontière nette entre partenariats acceptables et relations jugées néocoloniales. Cette déclaration solennelle intervient alors que certains observateurs internationaux accusent Ouagadougou de s’isoler sur la scène mondiale. Le chef du gouvernement a saisi cette occasion pour balayer ces critiques, affirmant que le Burkina Faso poursuit une stratégie de diversification de ses alliés plutôt qu’un quelconque repli sur lui-même. Cette ouverture s’effectue toutefois selon des modalités nouvelles, où la souveraineté nationale constitue le préalable non négociable à tout rapprochement.
Diplomatie burkinabè : Ouagadougou exige le respect de sa souveraineté
L’ambassadeur Angus McKee, accrédité de manière non-résidente auprès du pays des Hommes intègres, a entrepris ce déplacement pour identifier des pistes de collaboration concrètes avec les autorités de la Transition. Le représentant britannique a mis en avant la volonté de Londres d’accompagner le développement du Burkina Faso, notamment dans les domaines de la santé et de l’enseignement. Face à ces propositions, le Premier ministre a exprimé sa satisfaction tout en rappelant le nouveau cadre dans lequel doit s’inscrire toute initiative étrangère. Les aspirations nationales en matière de résilience, de sécurité et de développement endogène constituent désormais la boussole orientant les choix diplomatiques de Ouagadougou. Le diplomate britannique s’est dit sensible à la clarté de ce message, réitérant la disponibilité de son pays à bâtir un partenariat qualifié de gagnant-gagnant avec le Burkina Faso.
Le positionnement ferme affiché par le Premier ministre s’inscrit dans une séquence de transformations profondes des relations extérieures burkinabè. Depuis l’accession au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, Ouagadougou a procédé à une révision complète de ses alliances traditionnelles. Les troupes françaises stationnées sur le territoire national ont été priées de partir, soldant plusieurs décennies de coopération militaire avec Paris. Le Burkina Faso a également claqué la porte de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, rejoignant le Mali et le Niger au sein de la nouvelle Alliance des États du Sahel. Simultanément, les autorités ont développé des partenariats stratégiques renforcés avec la Russie, la Turquie, l’Iran et la Chine, élargissant considérablement l’éventail des nations amies. Ces choix souverains ont suscité des commentaires critiques dans plusieurs capitales occidentales et certains médias internationaux, alimentant un récit selon lequel le pays s’enfermerait dans l’isolement.
Coopération Burkina Faso-Royaume-Uni : Londres réaffirme son engagement
Le Premier ministre a tenu à déconstruire cette perception lors de son entretien avec l’envoyé de Sa Majesté. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a assuré son interlocuteur que son pays ne cultive aucune volonté isolationniste, privilégiant au contraire une multiplication des partenaires dans le respect absolu de son indépendance décisionnelle. Cette clarification vise manifestement à distinguer la rupture avec certaines formes de coopération jugées déséquilibrées et une hypothétique fermeture au monde que Ouagadougou récuse catégoriquement. Le Royaume-Uni semble avoir entendu ce message, son représentant ayant exprimé sa compréhension des exigences formulées par les dirigeants burkinabè. Cette première rencontre ouvre ainsi des perspectives pour un rapprochement entre les deux nations, fondé sur des principes renouvelés de respect mutuel et d’efficacité dans l’action commune.
Cette audience diplomatique témoigne de la stratégie d’équilibre que tente de maintenir Ouagadougou sur l’échiquier international. Les autorités de la Transition entendent démontrer qu’elles peuvent simultanément cultiver de nouvelles alliances avec des puissances émergentes et préserver un dialogue constructif avec les partenaires occidentaux disposés à modifier leur approche. Le défi consistera à transformer ces déclarations d’intention en réalisations tangibles pour une population confrontée aux urgences sécuritaires et économiques. La balle se trouve désormais dans le camp des partenaires internationaux, invités à prouver par des actes leur adhésion aux nouvelles règles du jeu fixées par Ouagadougou.


