Le Burundi et le Qatar entretiennent des relations diplomatiques marquées par une coopération discrète mais régulière. Doha s’est progressivement imposé comme un partenaire apprécié de Bujumbura, notamment à travers des échanges politiques, un soutien diplomatique et un rôle reconnu dans certaines médiations régionales. Cette relation, fondée sur une approche pragmatique, a permis au Burundi de compter sur un interlocuteur influent sur des dossiers sensibles en Afrique centrale. C’est précisément cet équilibre que les autorités burundaises ont cherché à préserver après une sortie controversée de leur ministre des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux.
Diplomatie burundaise et relations avec le Qatar
Le 3 janvier 2026, un message publié par le ministre burundais des Affaires étrangères a provoqué un certain malaise diplomatique. Dans cette prise de position, il accusait le Qatar d’exercer une influence financière et politique auprès des États-Unis afin de freiner certaines actions dans l’est de la République démocratique du Congo. Des propos perçus comme hostiles à Doha, d’autant plus sensibles que le Qatar est engagé dans des efforts de facilitation du dialogue autour du conflit congolais.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Comme le rapporte RFI, quelques heures après sa publication, le message incriminé a été supprimé, signe que les autorités burundaises avaient pris la mesure des répercussions possibles. Le président Évariste Ndayishimiye est alors intervenu publiquement pour désavouer son ministre et rectifier la position officielle du Burundi. Il a rappelé l’importance des relations bilatérales avec le Qatar et reconnu son rôle dans les initiatives de paix, notamment celles visant à réduire les tensions dans l’est de la RDC.
Dans son message, le chef de l’État burundais a insisté sur la nécessité de dissiper tout malentendu et de corriger les déclarations jugées inexactes concernant l’action de Doha en faveur de la paix. Cette clarification a été rapidement relayée par la diplomatie qatarienne, qui a salué le geste et remercié le président burundais pour sa prise de position.



