Longtemps considéré comme un breuvage de luxe ou une simple boisson matinale, le café a conquis le monde au point de devenir la substance psychoactive la plus consommée sur la planète. Des machines à capsules ultra-performantes aux coffee-shops qui fleurissent à chaque coin de rue, l’accès à la caféine est devenu instantané et permanent. Cette banalisation a transformé notre rapport à l’énergie : on ne boit plus seulement un café pour le goût, mais pour répondre aux exigences de productivité d’une société qui ne dort jamais. Pourtant, cette omniprésence soulève aujourd’hui une question de santé publique majeure que les autorités sanitaires tentent d’encadrer.
Les seuils de sécurité de l’EFSA pour la santé des consommateurs en Europe
Face à cette consommation massive, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a établi des repères précis pour distinguer l’usage récréatif du risque sanitaire. Pour un adulte ne présentant pas de pathologie particulière, la limite de sécurité est fixée à 400 mg par jour. Pour visualiser ce chiffre, cela représente environ quatre à cinq tasses d’expresso. Au-delà de ce plafond, la molécule peut cesser d’être une alliée pour devenir une source de désagréments physiques.
La vigilance doit cependant être accrue lors de prises isolées : l’organisme tolère généralement jusqu’à 200 mg en une seule fois sans difficulté. Le risque ne se limite pas aux palpitations ou à l’agitation ; une ingestion excessive peut provoquer des troubles du sommeil sévères ou une hausse de la tension artérielle. C’est pourquoi l’Union européenne impose désormais une signalétique spécifique sur les boissons énergisantes dépassant 150 mg/l, afin de prévenir les consommateurs, et particulièrement les plus jeunes, du caractère stimulant de ces produits.
Risques liés à la caféine pour les femmes enceintes et les mineurs
Toutefois, la règle des « cinq tasses » ne s’applique pas à tout le monde. Certains profils biologiques nécessitent une prudence renforcée pour éviter des complications sur le long terme. Les femmes enceintes ou allaitantes, par exemple, voient leur recommandation divisée par deux, avec un maximum de 200 mg quotidien. L’objectif est ici de protéger le développement du fœtus, la caféine traversant la barrière placentaire.
Chez les plus jeunes, la tolérance est encore plus restreinte. Les experts suggèrent de ne pas dépasser une dose proportionnelle au poids, soit environ 3 mg par kilo. Cette mesure est cruciale car le système nerveux des adolescents est particulièrement sensible aux effets excitants. Qu’il s’agisse de caféine synthétique dans les sodas ou de caféine naturelle dans le café, la vigilance reste de mise : le passage d’un regain d’énergie à un état d’anxiété ou à une arythmie cardiaque peut survenir rapidement si l’on ne surveille pas l’accumulation des sources de caféine tout au long de la journée.
En fin de compte, la caféine reste un plaisir quotidien sans danger pour la majorité d’entre nous, à condition de connaître ses propres limites. La clé réside dans la modération et la lecture attentive des étiquettes, surtout avec la multiplication des boissons énergisantes sur le marché.



