Le feuilleton qui oppose Marc Brys à Samuel Eto’o depuis avril 2024 vient de connaître un nouvel épisode aussi ironique que révélateur des dysfonctionnements du football camerounais. Nommé sélectionneur des Lions Indomptables par le ministère des Sports sans l’aval de la Fécafoot, le technicien belge s’est retrouvé au cœur d’une guerre de pouvoir avec le président de la fédération. Cette rivalité a atteint son paroxysme en décembre 2025, lorsque Brys a été écarté du banc à quelques jours du coup d’envoi de la CAN 2025, accusé de « subterfuge et non-professionnalisme ». La situation avait même conduit le Cameroun à soumettre deux listes différentes à la CAF. Pourtant, malgré son éviction sportive, le Belge continue de remporter des batailles sur le terrain administratif et financier.
Marc Brys perçoit plus de 20 millions de FCFA malgré son éviction par la Fécafoot
Selon des sources proches du dossier financier, Marc Brys a bel et bien touché sa prime liée à la CAN 2025, estimée à un peu plus de 20 millions de francs CFA. Cette somme correspond aux bonus prévus pour la qualification des Lions Indomptables en quarts de finale et les victoires accumulées durant la compétition. Une situation paradoxale puisque le technicien belge n’a dirigé aucun match du tournoi, ayant été remplacé sur le banc par David Pagou.
L’explication de cette anomalie réside dans la nature du contrat signé par Brys en avril 2024. Recruté directement par l’État camerounais via le ministère des Sports pour une durée de deux ans et demi, le Belge n’a jamais vu sa relation contractuelle officiellement rompue. Un cadre du Minsep confirme cette réalité juridique : l’État n’a jamais procédé à la résiliation du contrat. Par conséquent, Marc Brys demeure, sur le plan légal, le sélectionneur du Cameroun et reste éligible à l’ensemble des émoluments prévus.
David Pagou et son staff privés de salaire après la CAN 2025 au Maroc
Le contraste avec la situation de David Pagou ne pourrait être plus saisissant. L’entraîneur camerounais, qui a effectivement conduit l’équipe durant toute la compétition marocaine, n’a toujours perçu aucune rémunération. La raison est simple : le ministère des Sports n’a jamais formalisé de contrat avec ce staff technique imposé par la Fécafoot. Au Minsep, la position est claire : puisque c’est la fédération présidée par Samuel Eto’o qui a nommé Pagou, c’est à elle d’assumer sa rémunération.
Cette impasse financière et institutionnelle montre les fractures profondes entre les deux entités censées gérer le football camerounais. Marc Brys, depuis sa résidence en Crète, a d’ailleurs confié au média flamand Sporza n’avoir regardé aucun match des Lions Indomptables durant le tournoi. « Quand on est exclu injustement, on ne ressent plus l’envie d’analyser ces matchs », a-t-il expliqué, tout en affirmant souhaiter le succès de l’équipe. Une équipe qui, malgré ces turbulences, a atteint les quarts de finale avant de s’incliner face au Maroc, pays hôte. Le jeune Christian Kofane, 19 ans, s’est révélé comme la principale menace offensive avec deux réalisations, pendant qu’un sélectionneur fantôme encaissait les primes de ses performances.




Si on t’explique nos pays et que tu as bien compris, c’est qu’on t’a mal expliqué