CAN 2025 : 87 buts, polémiques arbitrales et sacre sénégalais, retour sur un tournoi historique

La 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations s’est achevée ce dimanche 18 janvier 2026 au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Le Sénégal a décroché son deuxième titre continental en dominant le Maroc (1-0) après prolongation, au terme d’une finale entrée dans l’histoire pour son intensité et ses rebondissements. Entre avalanche de buts en phase de groupes, polémiques arbitrales et performances individuelles exceptionnelles, cette compétition organisée sur le sol marocain restera gravée dans les mémoires du football africain.

Le rideau est tombé sur un mois de compétition riche en émotions et en surprises. Pape Gueye, milieu de terrain de Villarreal, a inscrit l’unique but de la finale à la 94e minute, libérant les Lions de la Teranga d’une frappe imparable depuis l’extérieur de la surface. Cette réalisation est venue couronner une prestation collective remarquable de la formation dirigée par Pape Thiaw, qui avait déjà impressionné tout au long du tournoi par sa solidité défensive et son réalisme offensif. Pour Sadio Mané, capitaine emblématique disputant sa dernière CAN, ce triomphe représente la plus belle des conclusions à une carrière internationale exceptionnelle. Élu meilleur joueur du tournoi pour la deuxième fois après 2021, l’ancien joueur de Liverpool est devenu le premier footballeur de l’histoire à être impliqué dans vingt buts lors de cette compétition continentale.

Finale Maroc – Sénégal : quinze minutes d’interruption et penalty manqué

La confrontation entre les deux favoris du tournoi a offert un scénario digne des plus grandes finales internationales. Les derniers instants du temps réglementaire ont basculé dans le chaos lorsque l’arbitre, après consultation de la VAR, a accordé un penalty au pays hôte pour une faute sur Brahim Diaz dans la surface. Cette décision, intervenant quelques secondes après l’annulation d’un but sénégalais pour une poussette sur Achraf Hakimi, a provoqué une réaction virulente des joueurs africains de l’Ouest. Plusieurs d’entre eux ont momentanément quitté la pelouse en signe de protestation, nécessitant l’intervention de leur capitaine pour reprendre le jeu après près d’un quart d’heure d’interruption. Le meilleur buteur de la compétition s’est alors présenté face à Édouard Mendy avec la possibilité d’offrir le sacre aux soixante mille spectateurs massés dans les tribunes. Sa tentative de panenka, trop peu appuyée, a été parfaitement anticipée par le portier sénégalais, précipitant la rencontre vers les prolongations où Pape Gueye allait finalement trancher.

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Cette édition marocaine constituait la deuxième organisation du royaume chérifien après celle de 1988. La Guinée devait initialement accueillir l’événement, mais la Confédération Africaine de Football lui a retiré ses droits en septembre 2022 en raison de préparatifs jugés insuffisants. Le Maroc, désigné pays hôte le 27 septembre 2023, a déployé neuf stades dans plusieurs villes pour recevoir les vingt-quatre nations qualifiées. Les Lions de l’Atlas nourrissaient l’espoir de mettre fin à cinquante années d’attente depuis leur unique sacre continental en 1976, portés par une ferveur populaire sans précédent et le statut de demi-finalistes du Mondial 2022. La compétition s’est déroulée en période hivernale, du 21 décembre au 18 janvier, afin d’éviter les conflits de calendrier avec les championnats européens.

Phase de groupes record : 87 buts et révélations du football africain

La première phase du tournoi a tenu toutes ses promesses en matière de spectacle. Les trente-six rencontres disputées ont produit quatre-vingt-sept réalisations, soit une moyenne de près de deux buts et demi par match. La dernière journée s’est révélée particulièrement prolifique avec trente-quatre filets secoués en douze confrontations.

Les duels entre le Gabon et la Côte d’Ivoire ainsi qu’entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, tous deux conclus sur le score de 3-2, ont notamment offert des scénarios renversants aux téléspectateurs des cent quatre-vingts pays où la compétition était diffusée. Cette abondance offensive a mis en lumière la qualité technique des sélections engagées et la profondeur tactique du football continental.

Plusieurs jeunes talents ont profité de cette vitrine pour exploser aux yeux du monde. Carlos Baleba, milieu camerounais de vingt-deux ans, a été désigné dans le onze type de la phase de groupes par la CAF après des prestations remarquées. Ibrahim Maza, surnommé affectueusement « Mazadona » par les supporters algériens, s’est imposé comme le principal créateur des Fennecs malgré leur élimination en quarts de finale face au Nigeria. Christian Kofane a quant à lui marqué l’histoire en devenant le plus jeune buteur camerounais depuis Samuel Eto’o, à seulement dix-neuf ans et cinq mois. Ces émergences confirment le renouvellement générationnel en cours au sein des grandes nations du continent.

Côte d’Ivoire, Algérie, arbitrage : les controverses de la CAN 2025

La malédiction des champions en titre a encore frappé lors de cette édition. Les Éléphants ivoiriens, sacrés l’année précédente à domicile, ont été éliminés dès les quarts de finale par l’Égypte sur le score de 3-2. Cette défaite prolonge une série noire entamée depuis 2012 : aucun tenant du trophée n’a réussi à dépasser ce stade de la compétition depuis le triplé historique des Pharaons entre 2006 et 2010. Omar Marmoush avait ouvert le score pour l’Égypte dès la quatrième minute, donnant le ton d’une rencontre à sens unique malgré la réaction tardive des hommes d‘Emerse Faé.

Les décisions arbitrales ont également alimenté les débats tout au long du tournoi. La Fédération algérienne a déposé une requête officielle auprès de la CAF et de la FIFA après l’élimination des Fennecs face au Nigeria, dénonçant notamment un penalty non accordé et le comportement des officiels envers ses joueurs. Des échauffourées ont éclaté sur la pelouse à l’issue de cette confrontation, nécessitant l’intervention des services de sécurité pour escorter l’arbitre vers les vestiaires. L’instance continentale a ouvert une enquête disciplinaire concernant plusieurs incidents survenus lors des quarts de finale, promettant des sanctions si les faits reprochés venaient à être établis.

Au tableau des distinctions individuelles, Sadio Mané a été sacré meilleur joueur du tournoi, confirmant son statut de légende vivante du football sénégalais. Brahim Diaz termine meilleur buteur avec cinq réalisations, devenant le deuxième joueur de l’histoire à marquer lors de cinq matches consécutifs dans la compétition. Yassine Bounou a reçu le trophée de meilleur gardien après avoir notamment repoussé deux tirs au but décisifs en demi-finale contre le Nigeria. Ces performances n’auront toutefois pas suffi à offrir au Maroc le sacre tant espéré, laissant au Sénégal le privilège de graver une deuxième étoile sur son maillot.

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