La presse sportive africaine traverse une période de deuil profond depuis ce mercredi 14 janvier 2026. Mohamed Soumaré, consultant sportif malien de renom et officier média du Stade Malien de Bamako, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Rabat, selon la presse malienne et marocaine. Le journaliste séjournait dans la capitale marocaine pour assurer la couverture médiatique des phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations. Les circonstances exactes de cette disparition brutale demeurent inconnues à ce stade.
La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre au sein du centre de presse installé au stade Prince Moulay Abdallah, où des dizaines de professionnels des médias africains se côtoient quotidiennement depuis le début de la compétition. C’est le personnel de l’établissement hôtelier qui a fait la macabre découverte en début de matinée, alertant immédiatement les autorités locales pour procéder aux premières constatations d’usage. L’homme, que beaucoup considéraient comme une référence incontournable du paysage médiatique sportif ouest-africain, devait poursuivre son travail jusqu’à la finale du tournoi continental. Sa présence au Maroc s’inscrivait dans la continuité d’un engagement professionnel sans faille pour documenter les performances des sélections africaines lors de ce rendez-vous majeur du football continental.
Une figure emblématique du journalisme sportif malien disparaît à Rabat
Mohamed Soumaré incarnait bien plus qu’un simple commentateur de matchs pour la communauté médiatique de son pays. Ses fonctions multiples témoignaient d’une polyvalence rare dans le secteur : il assumait simultanément les responsabilités d’officier média auprès du mythique Stade Malien de Bamako et celles de responsable marketing, télévision et médias pour la Ligue professionnelle malienne. Cette double casquette lui conférait une vision globale des enjeux du football national, depuis la formation des jeunes talents jusqu’aux stratégies de communication des clubs de l’élite. Son expertise l’avait également conduit à collaborer régulièrement avec l’Office de Radio et Télévision du Mali, où il intervenait en qualité de consultant lors des grands événements internationaux comme les Coupes du monde ou les éditions précédentes de la CAN.
Ses confrères qui l’ont côtoyé au fil des années dressent unanimement le portrait d’un professionnel habité par sa passion pour le ballon rond africain. Le journaliste camerounais Charles Douglas Ndemba, présent lui aussi à Rabat pour couvrir la compétition, évoque avec émotion un homme doté d’une mémoire exceptionnelle des faits sportifs du continent. Les témoignages recueillis auprès de ceux qui ont partagé des plateaux télévisés avec lui lors du CHAN 2014 ou d’autres compétitions majeures convergent vers une même appréciation : celle d’un analyste rigoureux, toujours soucieux de contextualiser ses commentaires et d’éclairer les téléspectateurs sur les subtilités tactiques des rencontres. Son approche du sport dépassait la simple narration des actions de jeu pour embrasser une dimension sociale, considérant le football comme un vecteur puissant de cohésion entre les peuples.
Hommages unanimes de la presse africaine après le décès du consultant malien
L’onde de choc provoquée par cette disparition soudaine a immédiatement généré un flot continu de messages sur les réseaux sociaux et dans les rédactions du continent. Un confrère camerounais présent au centre de presse a confié son désarroi en évoquant une conversation tenue la veille au soir, durant laquelle rien ne laissait présager un tel dénouement. Le calme légendaire qui caractérisait Mohamed Soumaré dans ses interventions médiatiques n’avait apparemment pas failli lors de ces derniers échanges avec ses pairs. La page « Vive les Aigles du Mali », suivie par des milliers de supporters, a rendu hommage à celui qu’elle qualifie d’homme valeureux dont le départ creuse un vide considérable dans le paysage médiatique sportif national.
Cette tragédie survient dans un contexte particulièrement intense pour la délégation malienne présente au Maroc, quelques jours seulement après l’élimination des Aigles en quart de finale face au Sénégal. La défaite sur le score d’un but à zéro avait déjà plongé les supporters et les observateurs dans une profonde déception, prolongeant l’attente d’un premier sacre continental pour le Mali. Les services consulaires maliens se sont mobilisés dès l’annonce du décès afin d’accompagner les démarches administratives nécessaires et d’apporter un soutien logistique à la famille du défunt dans cette épreuve douloureuse. Les journalistes africains réunis au Maroc envisageraient d’organiser un moment de recueillement collectif pour honorer la mémoire de leur confrère disparu, témoignant ainsi de la solidarité qui unit cette communauté professionnelle par-delà les frontières nationales.



