CAN 2025 : Maroc - Sénégal, analyse des chances et pronostics pour une finale historique

Ce dimanche 18 janvier à 20h au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les Lions de l’Atlas affrontent les Lions de la Teranga pour le sacre continental. Les deux formations, désignées comme favorites depuis le début de la compétition, n’ont pas déçu en atteignant cette finale tant attendue. Le Maroc, pays hôte en quête d’un premier titre depuis 1976, dispose de l’avantage du terrain face à un Sénégal champion en 2022 et invaincu depuis seize rencontres de CAN. L’enjeu dépasse le simple trophée : les deux sélections visent une deuxième étoile qui consoliderait leur statut de puissance majeure du football africain.

Le football continental retient son souffle à l’approche de ce duel au sommet entre deux nations qui incarnent l’excellence africaine moderne. D’un côté, une équipe marocaine portée par tout un peuple et galvanisée par son parcours au Mondial 2022 où elle avait atteint les demi-finales. De l’autre, une formation sénégalaise qui a fait preuve d’une régularité impressionnante ces dernières années, atteignant sa troisième finale en quatre éditions. Cette confrontation entre les deux meilleures sélections du continent selon le classement FIFA promet un spectacle de haute intensité où chaque détail pourrait faire basculer le destin du trophée.

Statistiques et performances : le bilan des deux géants africains à la CAN 2025

Le parcours des deux finalistes dans cette édition marocaine révèle des similitudes frappantes malgré des styles de jeu différents. Les hommes de Walid Regragui ont inscrit neuf réalisations tout en ne concédant qu’un seul but, affichant ainsi la meilleure défense du tournoi avec un ratio de buts encaissés par match de seulement 0,2. Leur maîtrise technique se traduit également par une possession moyenne de 61% et une précision de passes atteignant 86%. Face au Nigeria en demi-finale, ils ont su neutraliser l’attaque la plus prolifique de la compétition, qui comptait pourtant quatorze réalisations avant cette confrontation.

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Les coéquipiers de Sadio Mané présentent des statistiques tout aussi éloquentes avec onze buts marqués pour deux encaissés, établissant ainsi leur meilleur total offensif dans l’histoire de leur participation à la compétition continentale. Leur solidité défensive se confirme par un chiffre remarquable de dix-huit matchs sans encaisser de but lors de leurs vingt-sept dernières rencontres en phase finale. Lors de l’édition précédente en Côte d’Ivoire, le Sénégal, alors tenant du titre, avait été éliminé aux tirs au but par le pays hôte en huitièmes de finale après avoir ouvert le score dès la troisième minute. Le Maroc avait connu une désillusion similaire, stoppé au même stade par l’Afrique du Sud sur le score de deux buts à zéro, malgré son statut de grandissime favori hérité de son épopée qatarie. Ces échecs respectifs ont manifestement servi de leçon aux deux sélections qui abordent cette finale avec une maturité renforcée et une détermination décuplée.

Pronostics finale CAN 2025 : avantages comparés et facteurs décisifs

Plusieurs paramètres permettent d’établir une analyse prospective de cette rencontre. Le premier critère concerne l’avantage du terrain, facteur historiquement déterminant dans les compétitions continentales. La Côte d’Ivoire avait démontré cette réalité lors de l’édition précédente en remportant le trophée à domicile malgré un début de tournoi catastrophique. Le stade Prince Moulay Abdellah et ses cinquante-trois mille spectateurs acquis à la cause marocaine constitueront un atout considérable pour les locaux. L’historique des confrontations directes penche également en faveur des Nord-Africains avec dix-huit victoires contre sept pour les Ouest-Africains sur trente-et-une rencontres disputées.

Néanmoins, le Sénégal possède des arguments solides pour contrarier les plans marocains. L’expérience récente du sacre continental en 2022 confère aux Lions de la Teranga une sérénité dans les moments cruciaux que leurs adversaires ne possèdent pas encore. La présence de Sadio Mané, auteur du but décisif contre l’Égypte en demi-finale et qui dispute selon ses propres déclarations sa dernière CAN, ajoute une dimension émotionnelle susceptible de transcender le collectif sénégalais. Par ailleurs, l’absence de Kalidou Koulibaly, sorti sur blessure lors de la demi-finale et suspendu pour la finale, prive certes le Sénégal de son capitaine emblématique mais l’équipe a démontré sa profondeur de banc tout au long du tournoi.

En considérant l’ensemble de ces éléments, le Maroc apparaît comme le favori logique avec une probabilité estimée entre cinquante et cinquante-cinq pour cent de l’emporter. Le Sénégal conserve toutefois des chances sérieuses, évaluées entre trente et trente-cinq pour cent, tandis que la possibilité d’une prolongation ou d’une séance de tirs au but représente environ quinze à vingt pour cent des scénarios envisageables. Cette finale s’annonce comme un affrontement tactique entre la solidité défensive marocaine, incarnée par un Yassine Bounou héroïque aux tirs au but contre le Nigeria, et l’efficacité offensive sénégalaise portée par des individualités capables d’éclairs de génie. Le dénouement de cette confrontation pourrait se jouer sur des détails infimes, confirmant que dans le football de haut niveau, la frontière entre gloire et déception reste particulièrement ténue.

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