CAN 2025 : Scènes de chaos en France après la qualification historique du Maroc en finale

La liesse populaire a brutalement basculé dans l’affrontement urbain au cours de la nuit de mercredi à jeudi, après le succès des Lions de l’Atlas face au Nigeria. De Paris à Marseille, en passant par Lyon, les forces de l’ordre ont été la cible de multiples attaques aux mortiers d’artifice et de jets de projectiles divers. Ces incidents, localisés mais d’une rare intensité, viennent ternir une célébration sportive d’envergure internationale qui a mobilisé des milliers de supporters dans l’Hexagone. Le défi sécuritaire autour de la finale prévue ce dimanche devient désormais la priorité absolue des autorités françaises, craignant une intensification des violences lors de l’ultime confrontation du tournoi.

Une ferveur sportive éclipsée par des violences urbaines ciblées à Paris et Lyon

L’effervescence qui a suivi le coup de sifflet final s’est rapidement muée en un terrain de confrontation directe entre des groupes d’individus et les unités de sécurisation déployées sur le terrain. À peine la victoire marocaine confirmée, des détonations de mortiers d’artifice ont résonné dans plusieurs quartiers sensibles et sur les grands axes de circulation. Les policiers et gendarmes, en position de surveillance pour encadrer les rassemblements, ont essuyé des tirs nourris de feux de joie détournés en armes offensives. Ces agressions, bien que prévisibles au vu de la montée en puissance de la compétition, ont nécessité des interventions musclées et l’usage fréquent de gaz lacrymogènes pour disperser les fauteurs de troubles et protéger les biens publics.

L’ampleur de ces débordements ne se limite pas à la capitale française, où les interdictions de rassemblement sur les Champs-Élysées n’ont pas suffi à étouffer toutes les velléités de regroupements sauvages. Dans la métropole lyonnaise et à Marseille, le scénario s’est répété avec une précision inquiétante : des barricades de fortune ont parfois été érigées avant d’être incendiées, servant de boucliers pour lancer des projectiles sur les véhicules de patrouille. Ces épisodes de guérilla urbaine intermittente soulèvent des interrogations sur la capacité de maintien de l’ordre à contenir une explosion de joie qui, pour une minorité de protagonistes, devient un prétexte à l’anarchie. La gestion de ces flux humains massifs, mêlant familles en fête et groupes déterminés à l’affrontement, place les préfectures dans une posture de vigilance maximale pour les jours à venir.

Publicité

Le verrouillage sécuritaire opéré par les institutions étatiques visait pourtant à minimiser ces risques de dérapages. Malgré l’installation de périmètres de protection et la mobilisation de brigades mobiles, l’imprévisibilité des actions sporadiques a créé des zones de tension difficiles à maîtriser simultanément. Les dégâts matériels, bien que toujours en cours d’évaluation par les municipalités, témoignent d’une volonté manifeste de s’en prendre aux symboles de l’autorité. Cette situation impose une réflexion sur les dispositifs à mettre en œuvre pour la clôture de la Coupe d’Afrique des Nations, afin que le sport reprenne ses droits sur la violence.

L’historique sécuritaire de la CAN 2025 et les enjeux tactiques face au Sénégal

La qualification marocaine s’est jouée sur un fil, au terme d’un duel tactique de 120 minutes où le Nigeria a été totalement muselé par le bloc défensif des Lions de l’Atlas. Avec seulement deux tentatives de tirs pour les Super Eagles — un chiffre historiquement bas pour une demi-finale de ce niveau — le Maroc a dominé la possession sans toutefois trouver la faille avant la loterie des tirs au but. C’est l’héroïsme de Yassine Bounou, stoppant les tentatives de Chukwueze et Onyemaechi, qui a propulsé son pays vers une finale attendue contre le Sénégal. Ce parcours exceptionnel s’insère toutefois dans un climat de tension croissante en France depuis le début du tournoi. Fin décembre 2025, le commissariat de Bellefontaine à Toulouse avait déjà été visé par des attaques similaires lors des huitièmes de finale, tandis que l’élimination de l’Algérie en quarts avait provoqué des heurts sérieux à Lille et Roubaix, laissant plusieurs policiers blessés. Cette récurrence des incidents de rue, corrélée aux résultats sportifs, dessine une cartographie de la tension que les services de renseignement surveillent de près.

Le passage de ce cap sportif vers la finale de dimanche contre les Lions de la Teranga soulève des préoccupations majeures quant à la gestion de l’espace public français. Le Sénégal, champion redoutable, et le Maroc, porté par un élan national sans précédent, disposent tous deux d’importantes communautés de supporters sur le territoire national. La convergence de ces deux publics, couplée à l’historique récent des violences urbaines observées durant les précédentes phases de la compétition, oblige les autorités à envisager des renforts massifs de CRS et de gendarmes mobiles. L’objectif est d’éviter que la finale ne devienne le théâtre de dérapages encore plus graves que ceux constatés lors de la demi-finale.

L’analyse des faits récents démontre que chaque étape de la compétition a agi comme un catalyseur pour des tensions préexistantes. Les municipalités, déjà sollicitées par les coûts de nettoyage et de réparation des mobiliers urbains dégradés, appellent à une responsabilité collective des supporters. La finale de dimanche représente donc bien plus qu’un simple enjeu sportif pour le continent africain ; elle constitue un test de résilience pour l’ordre public en France, où la passion pour le football se heurte violemment aux débordements de groupes radicaux. Le dénouement de cette CAN 2025 restera sans doute dans les mémoires, tant pour le brio technique de ses athlètes que pour les défis sociétaux qu’elle impose aux nations européennes d’accueil.

Peut-on espérer un retour au calme pour le sacre final, ou le déploiement policier sera-t-il le seul rempart contre une nouvelle nuit de heurts ? La réponse se jouera autant sur la pelouse que dans les rues des grandes métropoles ce week-end.

Laisser un commentaire