CAN 2025 : Thierry Henry livre sans détour son analyse sur la finale Sénégal - Maroc

Lors de son passage au micro de CBS Sports Golazo, l’ancien attaquant français Thierry Henry s’est exprimé sans détour sur la polémique arbitrale majeure qui a secoué la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc. Analyste reconnu du football professionnel, Henry a livré un verdict nuancé mais sans appel sur le fonctionnement des arbitres pendant cette édition, soulevant des questions fondamentales sur la gouvernance de la CAF et les standards de l’arbitrage africain. Alors que la finale a cristallisé les tensions, l’ancienne gloire d’Arsenal a rappelé que les responsabilités ne se limitaient pas aux hommes en noir sur le terrain. Son intervention tranche par sa rigueur et son honnêteté, offrant une perspective que peu d’observateurs reconnus n’osent formuler aussi crûment.

La CAN 2025 rongée par les controverses arbitrales au Maroc

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’est déroulée dans un climat de tension entre les délégations et les instances arbitrales. Dès les premières journées, une suspicion généralisée s’est propagée parmi les équipes participantes, nombreuses étant convaincues que les hommes en noir favorisaient délibérément le pays organisateur. Cette atmosphère toxique n’a cessé de s’amplifier au fil des rencontres, transformant chaque décision controversée en pierre d’achoppement supplémentaire. Au-delà de simples erreurs ponctuelles, plusieurs formations nationales, notamment l’Égypte, l’Algérie, la Tanzanie et le Mali, ont exprimé leur profonde incompréhension face à la gestion des rencontres et à l’utilisation incohérente de la technologie vidéo.

L’apothéose de cette débâcle arbitrale s’est produite lors de la finale, un match qui aurait dû célébrer le meilleur du football africain mais qui s’est transformé en scène calamiteuse. À la quatre-vingt-dix-huitième minute, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a accordé un penalty au Maroc pour une intervention jugée excessive de Malick Diouf sur le joueur Brahim Díaz. Cette sanction, perçue comme disproportionnée par de nombreux observateurs et par la délégation sénégalaise elle-même, a déclenché une cascade d’événements sans précédent dans le football moderne. L’intensité émotionnelle atteint son paroxysme quand le Sénégal quitte temporairement le terrain à la quatre-vingt-douzième minute, geste exceptionnel signifiant un refus de poursuivre sous le régime d’une arbitrage perçu comme profondément injuste.

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Henry critique le système, pas seulement les arbitres

Invité à commenter la débâcle, Thierry Henry a refusé de se limiter aux seules responsabilités individuelles. Selon ses déclarations, les hommes en noir assignés à cette compétition ne correspondent pas au calibre requis pour diriger les meilleurs matches du continent. Mais le véritable problème, a-t-il insisté, réside dans la formation et la sélection mise en place par la Confédération Africaine de Football. Henry a soulevé une question systémique : comment des arbitres peuvent-ils arbitrer au plus haut niveau s’ils ne reçoivent pas un encadrement rigoureux et des standards de préparation comparables à ceux du football européen ou sud-américain ? Cette critique vise directement la gouvernance institutionnelle, plaçant l’accent sur les responsables administratifs plutôt que sur les simples exécutants du terrain.

Concernant le geste du Sénégal, Henry a exprimé une position nuancée mais ferme : il désapprouve le départ volontaire des Lions de la Teranga, considérant que cette action viole les règles du jeu. Néanmoins, il reconnaît avec empathie la frustration qui a motivé cette décision extrême, fruit de quatre semaines de mauvaises décisions accumulées. « Je ne suis pas d’accord avec la décision » a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que les Sénégalais avaient des raisons légitimes de leur indignation. Cette capacité à reconnaître la validité de la colère tout en maintenant des principes éthiques caractérise l’approche de l’analyste.

Au-delà de la polémique, une victoire et une organisation réussie

Malgré l’ombre des controverses arbitrales, Henry a volontairement dirigé son regard vers les aspects positifs de la compétition. Il a salué sans réserve l’organisation marocaine, louant les infrastructures de premier ordre et la qualité logistique du tournoi. Cette perspective équilibrée montre qu’Henry refuse de laisser les dysfonctionnements masquer les réussites organisationnelles. Le Sénégal, qui a finalement remporté le titre en prolongation, mérite selon lui d’être célébré pour sa victoire, tout comme Sadio Mané, figure emblématique de cette édition.

L’intervention de Thierry Henry sur CBS Sports montre une réalité complexe : le football africain possède les ressources, le talent et la capacité organisationnelle pour rivaliser avec les meilleures compétitions mondiales, mais il souffre de failles systémiques dans la gouvernance et le management des arbitres qui menacent sa crédibilité. Son appel implicite à une refonte des standards arbitraux et à une meilleure formation des hommes en noir résonne comme un cri d’alarme dirigé vers une CAF qui doit se réformer pour préserver l’intégrité de sa plus grande vitrine continentale.

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