La campagne électorale pour les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 est officiellement entrée dans sa phase active depuis le vendredi 26 décembre dernier. Elle a été lancée par un message du président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), Sacca Lafia, donnant ainsi le coup d’envoi d’une période décisive pour les formations politiques et les candidats engagés dans la course au Parlement et aux conseils communaux.
Sur le terrain, les meetings, caravanes et rencontres de proximité avec les militants se multiplient. Mais, parallèlement à cette mobilisation classique, un autre espace s’impose de plus en plus comme un véritable champ de bataille électorale : les réseaux sociaux. Facebook, WhatsApp, TikTok et autres plateformes numériques occupent désormais une place centrale dans les stratégies de communication politique, au point de redéfinir les codes de la campagne. Ces derniers jours, l’observation est nette. Candidats et partis investissent massivement l’espace numérique pour capter l’attention des électeurs, en particulier celle des jeunes et des internautes urbains. Vidéos courtes, visuels percutants, slogans martelés, diffusions en direct des déplacements sur le terrain : la campagne se vit et se raconte désormais en temps réel sur les écrans.
À Cotonou, Luc Atrokpo, maire sortant et figure de l’Union progressiste Le Renouveau, a choisi d’associer humour et politique. Sur sa page Facebook, il a fait appel à l’humoriste béninois Pipi Wobaho. Dans une vidéo largement relayée, l’artiste met en scène, avec un ton décalé, les actions et le parcours du candidat, dans une démarche clairement orientée vers la mobilisation et la proximité avec les électeurs connectés.
À Abomey-Calavi, la stratégie est similaire pour Alain Vigan, tête de liste du Bloc républicain pour les élections législatives et communales. Le candidat s’appuie sur un collectif de comédiens bien connus sur la toile. À travers des sketches à forte portée humoristique, ces derniers délivrent des messages politiques tout en invitant la population à accorder son suffrage à la liste du BR. L’humour devient ainsi un levier de persuasion, pensé pour faciliter l’adhésion et la mémorisation du message.
Dans le même registre, plusieurs responsables politiques documentent minutieusement leurs activités de campagne. Le député Armand Gansè, par exemple, partage sur sa page Facebook des images de ses sorties de terrain. Une vidéo montrant une caravane à travers les rues de Bohicon accompagne un message appelant à la mobilisation autour de la 23ᵉ circonscription électorale et à un vote en faveur du Bloc républicain.
Du côté du parti Les Démocrates, la communication numérique s’appuie sur des messages courts et directs, largement diffusés sur les réseaux. Sur la page officielle de Mitokpe Dossou Guy, responsable à la communication du parti, les appels au vote se succèdent, structurés autour de slogans et de rappels de la date du scrutin, dans une logique de martèlement et de visibilité constante.
De manière générale, les pages officielles des partis politiques affichent une activité soutenue depuis l’ouverture de la campagne. Déplacements dans les circonscriptions, séances de porte-à-porte, meetings locaux : tout est relayé, images et vidéos à l’appui, dans une volonté de montrer la dynamique du terrain et de maintenir un lien permanent avec les sympathisants.
Les visuels occupent une place prépondérante. Affiches numériques, portraits de candidats, infographies aux couleurs des partis envahissent les fils d’actualité. Sur WhatsApp et TikTok, certains influenceurs et créateurs de contenus sont également mis à contribution. Ils prennent position, parfois de manière très assumée, pour promouvoir des candidats ou des listes, contribuant ainsi à amplifier les messages de campagne auprès de communautés bien ciblées.
Cette montée en puissance du numérique traduit une évolution profonde des pratiques politiques. Sans se substituer totalement aux méthodes traditionnelles, les réseaux sociaux s’imposent comme un complément stratégique incontournable. Ils offrent rapidité de diffusion, interactivité et capacité de mobilisation à grande échelle. À quelques jours du scrutin, la bataille pour les suffrages se joue donc autant sur le terrain que dans l’arène digitale, où chaque publication compte et où la visibilité devient un enjeu central de la compétition électorale.




On espère que les candidats LD ne perdent pas de vue que la majorité des béninois n’est pas sur les réseaux sociaux et les prétendus influenceurs ont une portee limitée a de petits groupes pas nécessairement représentatifs de notre société.
Au dela, qu’attendre de ces elections, organisées dans les conditions qu’on sait, avec les lois faites pour exclure, par une structure dont l’independance -au dela du nom- peut être questionnée ?
Pourquoi faire une campagne quand on sait que les candidats ne seront pas élus mais déjà choisis par celui à qui le pays a été vendu par les cadres qui s’assoient sur leurs cerveaux et ont l’estomac dans le crâne ?