Emprisonné aux USA, Maduro donne des nouvelles à ses partisans

Le début de l’année 2026 a marqué un tournant historique pour le Venezuela. Le 3 janvier, Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores ont été capturés lors d’une opération militaire américaine baptisée « Absolute Resolve ». Les forces spéciales américaines, déployées à Caracas après des frappes aériennes, ont exfiltré le couple présidentiel vers les États-Unis. Transférés d’abord à la base de Guantanamo puis à New York, ils ont été placés en détention provisoire au centre de Brooklyn. Cette intervention controversée de Washington a provoqué une onde de choc internationale et plongé le pays sud-américain dans une période d’incertitude politique majeure.

Une semaine après cet événement sans précédent, le dirigeant déchu brise le silence depuis sa cellule new-yorkaise. Par l’intermédiaire de son fils Nicolás Maduro Guerra, il fait parvenir ses premiers mots à ses partisans restés au Venezuela, affirmant sa détermination malgré son incarcération.

Message de combativité depuis la prison de Brooklyn

Lors d’une réunion du Parti socialiste unifié du Venezuela organisée à Caracas le 10 janvier, le fils du président déchu a diffusé les déclarations de son père. Les propos transmis témoignent d’un état d’esprit résolu. Citant les avocats qui ont rencontré son client, Nicolás Maduro Guerra a indiqué que son père demeurait déterminé face à l’adversité. Le message principal véhiculé aux sympathisants chavistes insiste sur la préservation de ce que le camp bolivarien considère comme ses acquis politiques.

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Le jeune Maduro a appelé les militants à ne pas céder au découragement, soulignant que leur leader allait bien physiquement. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre ce qu’il qualifie d’héritage de Hugo Chavez, appelant à maintenir vivante la démocratie vénézuélienne selon leur conception.

Cette prise de parole intervient alors que le couple présidentiel fait face à de graves accusations devant la justice américaine, notamment de trafic de stupéfiants. Lors de leur première comparution devant un tribunal fédéral de Manhattan, tous deux ont plaidé non coupable. La prochaine audience judiciaire est fixée au 17 mars prochain.

Manifestations de soutien à Caracas et tensions diplomatiques persistantes

Sur le terrain vénézuélien, la mobilisation des partisans du chavisme se poursuit quotidiennement. Samedi 11 janvier, environ un millier de sympathisants ont défilé dans les rues de la capitale, brandissant des pancartes réclamant le retour de leur leader. Les slogans scandés témoignent d’un attachement personnel au couple emprisonné, présenté comme faisant partie intégrante de la famille politique de ces militants.

Parallèlement, Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente investie à la tête de l’État par intérim, multiplie les apparitions publiques. Elle s’est notamment rendue dans une foire agricole du quartier de Petare, réaffirmant sa volonté de récupérer le président déchu. L’administration qu’elle dirige provisoirement négocie simultanément avec Washington sur plusieurs dossiers sensibles, particulièrement celui concernant les immenses réserves pétrolières du pays.

Le chancelier Iván Gil a fermement rejeté toute idée de vide institutionnel, affirmant que Maduro demeure le président légitime malgré son enlèvement. Cette position officielle caracassienne qualifie l’opération américaine de violation flagrante du droit international et des conventions de Genève.

L’administration Trump maintient quant à elle sa ligne directrice, affirmant son intention de continuer à dicter les orientations des autorités vénézuéliennes intérimaires. Le département d’État américain a d’ailleurs conseillé à ses ressortissants de quitter immédiatement le Venezuela, évoquant une situation sécuritaire instable. Cette recommandation a été vivement contestée par Caracas, qui dénonce des récits inexistants visant à noircir la réalité du terrain.

La communauté internationale reste profondément divisée sur cette affaire. Si certains pays condamnent fermement le recours à la force par Washington, d’autres soulignent les années de répression attribuées au gouvernement Maduro contre les voix dissidentes et l’opposition vénézuélienne. La France a tenté de maintenir une position équilibrée, exprimant sa solidarité avec les aspirations démocratiques du peuple vénézuélien tout en critiquant l’opération militaire américaine jugée contraire au principe de règlement pacifique des différends.

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