FIFA : Platini règle ses comptes avec Infantino et dénonce une gouvernance « autocratique »

Dix ans après son éviction des instances dirigeantes du football mondial, Michel Platini sort de sa réserve. Dans une interview accordée à la presse britannique, l’ancien président de l’UEFA s’en prend ouvertement à Gianni Infantino, actuel patron de la FIFA. Il accuse son successeur d’avoir instauré un mode de gestion centralisé et éloigné des principes démocratiques. Cette prise de parole intervient dans un contexte où les débats sur la transparence et la gouvernance du football international restent vifs. Au cœur des enjeux : la concentration du pouvoir au sein de la FIFA et l’héritage des crises passées.

L’ancien numéro un du football européen n’a pas mâché ses mots. Michel Platini estime que la Fédération internationale de football association s’est progressivement transformée en une structure dominée par une seule figure, au détriment des contre-pouvoirs internes. Selon lui, la présidence actuelle privilégierait une logique verticale, laissant peu de place à la concertation avec les fédérations membres. Cette critique, formulée publiquement, marque un tournant dans la communication de Platini, longtemps resté discret depuis sa mise à l’écart de la scène internationale.

Dans son intervention médiatique, l’ex-champion d’Europe évoque une évolution qu’il juge préoccupante depuis la pandémie de Covid-19 rapportent plusieurs sources dont Eurosport. Il affirme que la prise de décision se ferait désormais dans un cercle restreint, avec une influence croissante de certains États et partenaires financiers. Sans multiplier les citations, Platini insiste sur la perte d’équilibre institutionnel au sein de l’organisation basée à Zurich. Pour lui, la FIFA actuelle ne ressemble plus à l’instance collégiale qu’il a connue au sommet de l’UEFA.

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Une centralisation du pouvoir

Les propos de Michel Platini relancent le débat sur la gouvernance du football mondial, notamment en Europe, où plusieurs fédérations observent avec attention l’évolution de la FIFA. L’ancien dirigeant considère que les mécanismes de contrôle se sont affaiblis, laissant une large marge de manœuvre au président en exercice. Cette situation, selon lui, favorise une prise de décision rapide, mais parfois éloignée des réalités des associations nationales.

Platini évoque également une transformation de la culture interne. Là où il voyait autrefois une organisation marquée par des échanges et des compromis, il décrit aujourd’hui un système plus fermé. Les réformes engagées ces dernières années, notamment sur la gouvernance financière et l’organisation des compétitions, seraient, d’après lui, décidées sans véritable débat collectif. Cette perception alimente un malaise persistant dans certaines sphères du football européen.

L’ancien président de l’UEFA ne se contente pas de critiquer la structure. Il revient aussi sur les conséquences humaines de cette évolution. Selon lui, la marginalisation de certaines voix historiques a contribué à une fracture entre la direction de la FIFA et une partie du monde du football. Cette fracture, même si elle reste difficile à mesurer, se reflète dans les prises de position de plusieurs anciens responsables aujourd’hui éloignés des instances internationales.

Si les autorités de la FIFA n’ont pas réagi officiellement à ces déclarations, l’interview a trouvé un écho dans les médias spécialisés. Elle intervient dans un climat où la crédibilité des institutions sportives reste un sujet sensible, notamment après les scandales qui ont marqué la dernière décennie.

Rivalité Platini–Infantino : une fracture née au sommet du football mondial

Avant de devenir adversaires, Michel Platini et Gianni Infantino ont pourtant longtemps travaillé ensemble. Lorsque Platini dirigeait l’UEFA, Infantino occupait le poste stratégique de secrétaire général. Leur collaboration, étroite à l’époque, reposait sur une vision commune du développement du football européen, notamment autour des compétitions de clubs et des réformes administratives.

La relation s’est progressivement détériorée au moment de la crise qui a secoué la FIFA en 2015. Alors que Sepp Blatter quittait la présidence dans un contexte de soupçons de corruption, Michel Platini apparaissait comme l’un des candidats naturels à la succession. Cependant, une enquête suisse portant sur un versement ancien de plusieurs millions de francs suisses a entraîné sa suspension, compromettant ses ambitions.

C’est dans ce contexte que Gianni Infantino a présenté sa candidature à la tête de la FIFA et remporté l’élection de 2016. Pour Platini, cette séquence aurait pu marquer une rupture personnelle et institutionnelle. Il a toujours contesté la manière dont les procédures judiciaires ont influencé la course à la présidence, estimant que les circonstances ont favorisé l’ascension de son ancien collaborateur.

Quelques années plus tard, Michel Platini a déposé une plainte pénale en France visant Gianni Infantino pour des soupçons de trafic d’influence. Cette initiative judiciaire s’inscrivait dans une série d’actions cherchant à faire la lumière sur de présumées interactions entre la FIFA et certaines autorités judiciaires suisses. Bien que les procédures aient été complexes et que les conclusions n’aient pas toujours confirmé les accusations, elles ont durablement installé une méfiance entre les deux hommes.

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