La ministre des Armées Catherine Vautrin a présenté ce lundi 12 janvier les modalités du programme de recrutement destiné à former 3 000 jeunes volontaires dès l’été 2026. Cette initiative, dévoilée en novembre dernier par Emmanuel Macron, marque le retour d’un engagement militaire de dix mois, rémunéré 800 euros mensuels, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de menaces accrues pesant sur le territoire européen.
Accompagnée du général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, ainsi que des responsables de l’armée de Terre, de la Marine nationale et de l’armée de l’Air et de l’Espace, Catherine Vautrin a officiellement donné le coup d’envoi de cette vaste opération de mobilisation. Les candidatures peuvent désormais être déposées via les plateformes numériques des différentes forces armées ou directement dans les centres d’information et de recrutement répartis sur l’ensemble du territoire. Cette première promotion sera incorporée durant l’été, ouvrant ainsi une nouvelle page dans l’histoire de la défense française.
Le dispositif proposé s’articule autour d’une formation initiale d’un mois, centrée sur les fondamentaux de la vie militaire : discipline, maniement des armes, rituels et cohésion collective. Les neuf mois suivants verront les recrues intégrées au sein d’unités opérationnelles où elles exerceront des missions réelles aux côtés des soldats professionnels. Exclusivement déployés sur le sol français, tant en métropole que dans les territoires ultramarins, ces jeunes volontaires bénéficieront d’un statut militaire complet avec hébergement, restauration et équipement fournis, en plus de leur solde mensuelle.
Un programme progressif face aux défis sécuritaires européens
L’initiative s’insère dans une dynamique de réarmement qui traverse actuellement l’ensemble du continent européen. Depuis l’offensive militaire russe en Ukraine lancée en février 2022, plusieurs États membres de l’Union européenne ont réévalué leurs dispositifs de défense. L’Allemagne a adopté en août 2025 un projet visant à recruter 100 000 réservistes d’ici 2030, tandis que dix pays de l’UE maintiennent déjà un service militaire obligatoire. La France, qui avait suspendu la conscription en 1996 avant de l’abolir définitivement en 1997, avait tenté en 2019 d’instaurer un Service National Universel à vocation civique pour les 15-17 ans, dispositif qui n’a jamais été généralisé et sera définitivement abandonné au profit de ce nouveau cadre purement militaire.
La montée en puissance du programme se fera graduellement pour permettre une intégration optimale. Après les 3 000 volontaires attendus cette année, l’objectif fixé par l’Élysée prévoit 10 000 incorporations annuelles en 2030, puis 42 500 en 2035. En combinant ce nouveau service avec les dispositifs existants – le Service Militaire Volontaire et le Service Militaire Adapté en outre-mer –, ce sont potentiellement 50 000 jeunes qui pourraient être engagés chaque année d’ici une décennie. Le financement de cette ambition nécessitera plus de 2 milliards d’euros, montant qui sera inscrit dans l’actualisation de la loi de programmation militaire 2026-2030.
Un engagement volontaire ouvert à tous les profils
Contrairement aux anciennes formes de conscription, ce service s’adresse à l’ensemble des jeunes Français âgés de 18 à 25 ans, sans distinction de genre ou de situation professionnelle. Les lycéens, étudiants, mais également les personnes déjà insérées dans la vie active pourront candidater. La ministre des Armées a précisé que ces derniers pourraient négocier avec leur employeur une période de césure dédiée à cet engagement. Cette flexibilité vise à élargir le spectre des profils et des compétences disponibles pour renforcer les capacités opérationnelles des forces armées.
Le président de la République a clairement écarté toute perspective d’envoi de ces volontaires à l’étranger, notamment en Ukraine, dissipant ainsi les interrogations nées des déclarations du général Mandon évoquant la nécessité pour la nation d’être prête à consentir des sacrifices. Le service se limite strictement au territoire national, répondant à des besoins de défense et de sécurité intérieure. À l’issue de leur engagement de dix mois, les participants rejoindront automatiquement la réserve opérationnelle de disponibilité pour cinq ans, constituant ainsi un vivier mobilisable en cas de crise majeure. Le Parlement conserve néanmoins la possibilité, dans des circonstances exceptionnelles, d’autoriser le recours à des jeunes au-delà des seuls volontaires, rendant alors le service obligatoire.
Cette initiative témoigne de la volonté française de renouer un pacte entre la jeunesse et l’institution militaire, dans un environnement international marqué par l’incertitude et la résurgence de logiques de puissance. Les autorités misent sur l’attractivité du dispositif pour susciter les vocations et renforcer la résilience nationale face aux défis sécuritaires contemporains.




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