Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne ont décidé à l’unanimité, ce jeudi 29 janvier 2026, d’inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes. Cette mesure intervient en réponse à la répression meurtrière des manifestations qui ont secoué l’Iran ces dernières semaines, faisant plus de 3000 morts selon les chiffres officiels iraniens. Téhéran n’a pas tardé à réagir avec virulence.
Téhéran accuse l’Europe de servir les intérêts américains et israéliens
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a immédiatement qualifié cette inscription d’« erreur stratégique majeure ». Sur le réseau social X, il a pointé du doigt l’attitude européenne dans la région : « Plusieurs pays tentent en ce moment d’éviter l’éruption d’une guerre totale dans notre région. Aucun d’eux n’est Européen. L’Europe, elle, attise le feu », a-t-il écrit.
L’état-major des forces armées iraniennes a également publié un communiqué cinglant, diffusé par l’agence de presse officielle Irna. Les militaires iraniens dénoncent une « décision hostile et provocatrice » qui pourrait entraîner des « conséquences risquées ». Selon eux, cette mesure relève d’une « action illogique, irresponsable et empreinte de rancune » dictée par une « obéissance aveugle » aux politiques des États-Unis et d’Israël.
Les autorités iraniennes considèrent ce classement comme totalement « infondé » et « dénué de toute rationalité ». Cette position reflète l’importance stratégique des Gardiens de la Révolution pour la République islamique, cette force constituant le bras armé idéologique du pouvoir et contrôlant des pans entiers de l’économie nationale.
L’Union européenne rejoint Washington dans la lutte contre les Gardiens de la Révolution
Avec cette décision, l’UE emboîte le pas aux États-Unis, au Canada et à l’Australie, qui avaient déjà placé les Gardiens de la Révolution sur leurs listes d’organisations terroristes. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a justifié cette mesure par l’ampleur de la violence exercée contre les manifestants iraniens. « La répression ne peut rester sans réponse. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte », a-t-elle déclaré.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué le vote des 27, estimant que le terme « terroriste » décrit précisément « un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang ». Du côté israélien, le chef de la diplomatie a qualifié cette décision d’« historique ».
L’Union européenne a également sanctionné 21 responsables iraniens, parmi lesquels le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni et plusieurs dirigeants des Gardiens de la Révolution. Ces mesures prévoient un gel des avoirs et une interdiction d’entrée sur le territoire des Vingt-Sept. Au total, les sanctions européennes liées aux violations des droits humains en Iran concernent désormais 247 personnes et 50 entités.
