Le président américain Donald Trump a annoncé ce samedi 17 janvier 2026 l’instauration de droits de douane contre le Danemark et sept autres nations européennes dans le cadre de sa campagne pour acquérir le Groenland. Ces mesures punitives, qui entreront en vigueur dès le 1er février, ciblent également la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas et la Finlande. Le président français Emmanuel Macron a immédiatement réagi en qualifiant ces menaces d’inacceptables et en promettant une riposte coordonnée du continent. Cette escalade commerciale sans précédent entre alliés de l’OTAN pourrait redessiner les équilibres géopolitiques dans l’Arctique.
Emmanuel Macron et les dirigeants européens face aux sanctions américaines
La réponse du chef de l’État français n’a pas tardé face à cette offensive économique venue de Washington. Emmanuel Macron a fermement condamné l’initiative présidentielle américaine, annonçant dans la foulée que l’Europe préparerait une réponse coordonnée si ces mesures venaient à se concrétiser. Cette prise de position française s’inscrit dans un mouvement de rejet unanime exprimé par l’ensemble des capitales européennes visées par les sanctions commerciales américaines. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a lui aussi dénoncé l’absurdité de frapper des alliés de taxes douanières pour avoir œuvré à renforcer la sécurité collective des membres de l’alliance atlantique, tandis que le Premier ministre suédois Ulf Kristersson affirmait publiquement que son pays refusait de céder à ce qu’il qualifie de chantage.
La décision présidentielle américaine marque un tournant majeur dans les relations entre Washington et ses partenaires historiques du Vieux Continent. Sur son réseau social Truth Social, le locataire de la Maison Blanche a détaillé un calendrier précis de représailles économiques visant à contraindre Copenhague et ses soutiens européens. Les importations en provenance des huit pays concernés seront frappées d’une taxe initiale de dix pour cent au début du mois prochain, avant une augmentation substantielle à vingt-cinq pour cent programmée pour le premier juin si aucune transaction n’aboutit concernant le territoire arctique. Le chef de l’exécutif américain a justifié ces mesures en invoquant des considérations sécuritaires, pointant du doigt les récents déploiements militaires européens dans la région groenlandaise qu’il considère comme une menace pour la stabilité mondiale.
Les ambitions de Donald Trump sur le Groenland et la souveraineté danoise
L’intérêt de Washington pour cette île arctique de plus de deux millions de kilomètres carrés ne date pas d’hier et s’inscrit dans une longue histoire de tentatives d’acquisition remontant à plus d’un siècle et demi. Le président Donald Trump lui-même avait déjà évoqué publiquement son souhait d’acheter ce territoire lors de son premier mandat en 2019, provoquant une crise diplomatique avec le Danemark qui avait alors qualifié cette proposition d’absurde. Depuis son retour à la présidence en janvier dernier, le républicain a considérablement durci sa rhétorique, affirmant que toute situation autre qu’un contrôle américain sur le Groenland serait désormais inacceptable pour les États-Unis. Le dirigeant américain invoque notamment les impératifs de son projet de bouclier antimissile baptisé Golden Dome, dont la protection s’étendrait potentiellement au Canada, pour légitimer ses revendications sur ce territoire stratégiquement positionné entre l’Amérique du Nord et l’Europe.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa ont publié une déclaration commune réaffirmant la solidarité totale du bloc avec le Danemark et la population groenlandaise. Les deux dirigeants ont averti que ces sanctions tarifaires risquaient de déclencher une spirale dangereuse susceptible de fragiliser durablement les relations transatlantiques.
Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a exprimé sa stupéfaction face à cette annonce, soulignant qu’elle intervenait quelques jours seulement après des échanges qu’il avait qualifiés de constructifs avec le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio à Washington. Le chef de la diplomatie danoise a néanmoins reconnu partager avec les Américains le constat selon lequel l’Arctique n’est plus une zone de faibles tensions.
Manifestations au Danemark et opposition groenlandaise au projet américain
Pendant que les chancelleries européennes fourbissaient leurs arguments diplomatiques, les populations concernées exprimaient leur rejet massif des ambitions américaines dans les rues de Copenhague et de Nuuk. Des milliers de manifestants ont défilé dans la capitale danoise en brandissant les drapeaux des deux nations, scandant le nom groenlandais du territoire, Kalaallit Nunaat, en signe de résistance aux pressions de Washington. Cette mobilisation populaire reflète un sentiment largement partagé au sein de la population locale, les enquêtes d’opinion les plus récentes indiquant que près de quatre-vingt-cinq pour cent des habitants du Groenland rejettent catégoriquement l’idée d’une intégration aux États-Unis, tandis que seulement six pour cent y seraient favorables.
Le dirigeant scandinave Ulf Kristersson a rappelé un principe fondamental du droit international selon lequel seuls le Danemark et le Groenland disposent de la légitimité pour trancher les questions relatives à leur avenir commun. Cette position trouve un écho jusque dans les rangs du Congrès américain, où une délégation bipartisane conduite par les sénateurs Chris Coons et Lisa Murkowski s’est rendue à Copenhague pour rassurer les autorités danoises quant au soutien persistant d’une partie de la classe politique américaine. Les deux parlementaires ont contesté l’interprétation présidentielle des exercices militaires européens, saluant au contraire l’engagement accru des partenaires atlantiques dans la sécurisation de cette région face aux ambitions russes. Le président du comité du commerce international du Parlement européen, Bernd Lange, a pour sa part annoncé son intention de demander la suspension des travaux sur l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis tant que Washington maintiendrait ses menaces.
Cette confrontation commerciale entre alliés traditionnels ouvre une période d’incertitude majeure pour l’architecture sécuritaire occidentale bâtie depuis 1949. Les dirigeants européens ont clairement signalé que toute tentative américaine de s’emparer du Groenland par la force sonnerait le glas de l’alliance atlantique, plaçant Washington face à un dilemme stratégique aux conséquences potentiellement historiques pour l’ordre international.



