Le président iranien Massoud Pezeshkian a lancé ce dimanche 18 janvier 2026 un avertissement solennel aux États-Unis. Toute agression visant le guide suprême Ali Khamenei serait considérée comme une déclaration de guerre contre l’ensemble de la nation iranienne, a-t-il affirmé sur le réseau social X. Cette mise en garde survient au lendemain des déclarations incendiaires de Donald Trump, qui a explicitement réclamé un changement de dirigeant à Téhéran. Les tensions entre Washington et la République islamique atteignent un niveau critique, alors que l’Iran traverse sa plus grave crise intérieure depuis la révolution de 1979.
La réponse du chef de l’État iranien ne s’est pas fait attendre après les propos tenus par son homologue américain. Dans un message rédigé en persan, Massoud Pezeshkian a clairement tracé une ligne rouge concernant la sécurité du détenteur du pouvoir en Iran. Cette déclaration marque une escalade significative dans la guerre des mots entre les deux pays, alors que le régime des ayatollahs fait face à une contestation populaire d’une ampleur sans précédent. Le président iranien cherche manifestement à dissuader toute velléité d’intervention américaine qui pourrait cibler directement les plus hautes autorités de la République islamique. Cette posture défensive intervient dans un climat où les spéculations sur d’éventuelles frappes américaines se multiplient, certains analystes estimant que l’administration Trump pourrait envisager des actions radicales contre le leadership iranien.
Donald Trump appelle au départ du guide suprême iranien
Les propos du président américain ont constitué l’élément déclencheur de cette nouvelle passe d’armes diplomatique. Lors d’un entretien accordé au site Politico, Donald Trump n’a pas mâché ses mots en affirmant qu’il était temps pour l’Iran de se doter d’un nouveau dirigeant. Le locataire de la Maison Blanche est allé plus loin en qualifiant l’ayatollah de 86 ans d’« homme malade » qui devrait cesser de tuer des gens et gouverner correctement son pays. Ces déclarations constituent une ingérence directe dans les affaires intérieures iraniennes et représentent une attaque personnelle sans précédent contre Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989. L’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a même laissé entendre que le président américain pourrait être disposé à mener des actions radicales contre le guide suprême, alimentant les craintes d’une confrontation militaire directe.
Tensions américano-iraniennes depuis la guerre des 12 jours de juin 2025
Les relations entre Washington et Téhéran se sont considérablement dégradées depuis le conflit qui a opposé Israël à l’Iran en juin 2025. Durant cette confrontation militaire de douze jours, les forces israéliennes ont lancé une offensive d’envergure contre la République islamique avec le soutien actif des États-Unis, qui ont procédé au bombardement de trois installations nucléaires iraniennes. La riposte de Téhéran s’est matérialisée par le lancement de centaines de missiles et de drones en direction du territoire israélien ainsi que de la base américaine stationnée au Qatar. Depuis cet affrontement, l’administration Trump a multiplié les pressions sur le régime des ayatollahs, annonçant notamment que tout pays entretenant des relations commerciales avec l’Iran se verrait imposer une hausse des droits de douane de 25 %. Les menaces d’intervention militaire américaine se sont également intensifiées, le président américain évoquant à plusieurs reprises la possibilité de frappes directes contre l’Iran. Le déploiement d’un groupe aéronaval américain au Moyen-Orient ces dernières semaines renforce les capacités de Washington à mener des opérations de grande ampleur dans la région.
Répression massive des manifestations et bilan humain en Iran
Le guide suprême Ali Khamenei a pour sa part adopté une rhétorique martiale en appelant samedi les autorités à briser le dos des séditieux. Le dirigeant iranien a directement imputé la responsabilité des violences au président américain, dénonçant ce qu’il qualifie de complot orchestré par Washington pour replacer l’Iran sous domination étrangère. Selon un responsable gouvernemental interrogé par l’agence Reuters, au moins 5 000 personnes auraient perdu la vie depuis le début des manifestations fin décembre, dont approximativement 500 membres des forces de sécurité. L’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, avance quant à elle un bilan d’au moins 3 428 manifestants tués par les forces de l’ordre, tout en soulignant que le nombre réel de victimes pourrait être considérablement plus élevé. La coupure quasi-totale des communications internet imposée depuis le 8 janvier a visé à masquer l’ampleur de la répression, bien qu’un accès limité au réseau ait été partiellement rétabli ce dimanche selon l’ONG Netblocks.
La situation demeure extrêmement volatile alors que les manifestations, parties initialement d’une colère contre l’effondrement économique et la dépréciation de la monnaie nationale, se sont transformées en un mouvement de contestation frontale contre le régime théocratique en place depuis 1979. L’appel lancé par Reza Pahlavi, fils du dernier chah, a contribué à amplifier la mobilisation populaire début janvier. Entre les menaces américaines de plus en plus pressantes et une contestation intérieure qui ne faiblit pas malgré la brutalité de la répression, le pouvoir iranien se trouve pris en étau, confronté à des défis existentiels sur les plans domestique et international.



