Depuis plusieurs années, l’Iran et Israël se font face dans une rivalité profonde, nourrie par des oppositions idéologiques, sécuritaires et militaires. Téhéran ne reconnaît pas l’existence de l’État hébreu et soutient des organisations hostiles à Israël dans plusieurs zones du Moyen-Orient. De son côté, Israël considère l’Iran comme une menace existentielle, notamment en raison de ses capacités militaires et de son influence régionale. Cette confrontation, longtemps indirecte, a déjà connu des épisodes de violence ouverte, dont la guerre de juin 2025, impliquant aussi les États-Unis. Aujourd’hui, une série de signaux récents laisse penser que cette rivalité pourrait franchir un nouveau seuil.
Israël et Iran face à une escalade militaire assumée
Des informations concordantes indiquent qu’Israël a validé un nouveau plan militaire visant l’Iran, au terme de discussions prolongées au plus haut niveau de l’exécutif et de la défense rapporte The Deep Dive. Ce plan, évoqué par plusieurs médias israéliens, aurait été approuvé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu après une réunion de sécurité de plusieurs heures. Selon ces sources, l’armée israélienne aurait relevé son niveau d’alerte et multiplié les exercices simulant un affrontement direct avec l’Iran.
Cette décision intervient alors que les autorités iraniennes durcissent elles aussi leur discours. Le Conseil de défense iranien, instance mise en place après la guerre de 2025, a récemment déclaré ne plus exclure des frappes dites préventives contre les adversaires de Téhéran. Les responsables iraniens affirment que leur doctrine de défense ne se limite plus à des ripostes après coup, estimant que la répétition de menaces extérieures constitue un comportement hostile.
Ces prises de position croisées traduisent une évolution notable : les deux États évoquent désormais ouvertement la possibilité d’actions militaires directes. Aucun calendrier ni cible précise n’a été rendu public, mais le langage employé marque une rupture avec les phases où la confrontation se limitait surtout à des opérations indirectes ou clandestines.
Protestations en Iran, États-Unis et rôle de Donald Trump
Cette montée des tensions se déroule alors que l’Iran traverse une vague de protestations d’une ampleur rare. Déclenchées par la hausse du coût de la vie, les manifestations ont rapidement pris une dimension politique, visant le régime islamique lui-même. Selon des organisations de défense des droits humains, plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie et plus d’un millier ont été arrêtées depuis le début du mouvement.
C’est dans ce climat que le président américain Donald Trump, revenu au pouvoir en 2025, a multiplié les déclarations publiques. Il a averti que les États-Unis pourraient intervenir si la répression des manifestations devait s’intensifier de manière significative. Contrairement à ses prises de parole passées lorsqu’il n’était pas à la Maison-Blanche, ces propos engagent désormais directement la politique américaine.
Pour les autorités iraniennes, cette posture américaine renforce le sentiment d’encerclement. Elles dénoncent des discours interventionnistes qu’elles associent étroitement à la stratégie israélienne. De leur point de vue, la pression exercée simultanément par la rue, Israël et les États-Unis justifierait un durcissement de leur posture sécuritaire.
Du côté israélien, la situation intérieure iranienne est observée avec attention. Si aucune source officielle n’établit de lien direct entre les protestations et la validation du plan militaire, leur concomitance alimente les spéculations. Les responsables israéliens évitent toutefois toute déclaration détaillée, se contentant de rappeler leur droit à se défendre face à ce qu’ils considèrent comme des menaces persistantes.
