Le tribunal du travail de Turin vient de clore un contentieux financier opposant depuis plusieurs années l’attaquant portugais à son ancien club italien. Le juge Gian Luca Robaldo a confirmé la condamnation de la Juventus à verser près de 10 millions d’euros à son ancienne star. Cette décision met fin à l’appel introduit par le club piémontais qui espérait récupérer les sommes déjà versées au quintuple Ballon d’Or. L’issue de cette bataille juridique alourdit considérablement la facture des arrangements salariaux conclus pendant la pandémie par la direction turinoise.
La justice italienne a tranché une nouvelle fois en faveur de Cristiano Ronaldo dans le litige qui l’opposait à la Juventus concernant des arriérés de salaire remontant à la crise sanitaire mondiale. Le magistrat turinois chargé du dossier a rejeté sans ambiguïté la tentative du club bianconero de faire annuler une sentence arbitrale rendue au printemps 2024. Cette décision contraint désormais la formation piémontaise à accepter définitivement le paiement d’environ 9,8 millions d’euros, une somme qui atteint près de 11 millions avec les intérêts cumulés depuis le début de la procédure. Le tribunal a également imposé au club de prendre en charge les frais de justice s’élevant à 80 000 euros supplémentaires, alourdissant encore la note finale de cette affaire.
Salaires impayés et manœuvres financières au cœur du litige Turin – Ronaldo
L’origine de ce différend remonte aux arrangements financiers mis en place par la Juventus durant les deux saisons marquées par la pandémie de Covid-19. Face à l’effondrement des recettes liées aux jours de match et à la fermeture des stades aux spectateurs, le club avait négocié avec ses joueurs des reports de versements salariaux pour traverser cette période économiquement difficile. L’accord conclu avec l’international portugais portait sur un montant brut de 19,6 millions d’euros qui devait lui être réglé ultérieurement, une fois la situation financière stabilisée. Cependant, lorsque le joueur a quitté Turin pour rejoindre Manchester United à l’été 2021, ces sommes n’avaient toujours pas été honorées, déclenchant une succession de procédures contentieuses.
La défense des dirigeants turinois reposait sur l’existence présumée d’un document que le joueur aurait signé lors de son transfert vers l’Angleterre, renonçant ainsi à percevoir les montants différés. Les investigations menées dans le cadre de la procédure ont toutefois révélé que cette pièce ne comportait pas la signature de l’intéressé, la rendant juridiquement caduque. Cette absence d’authentification a constitué un élément déterminant dans la décision des arbitres puis du tribunal de donner raison au plaignant. La juridiction a néanmoins estimé que le club n’avait pas agi avec une intention délibérée de tromper son ancien employé, ce qui explique que le montant accordé corresponde à la moitié de la réclamation initiale. Le retard pris par le joueur pour engager ses démarches judiciaires, initiées seulement en 2023, a également pesé dans la détermination du dédommagement final.
Du Piémont à Riyad : le parcours de CR7 depuis son départ de la Juventus
Le départ précipité de Cristiano Ronaldo de Turin lors du dernier jour du mercato estival 2021 avait marqué la fin d’une aventure de trois saisons en Serie A. Durant son passage sous le maillot noir et blanc, l’attaquant lusitanien avait inscrit 101 buts en 134 apparitions toutes compétitions confondues, remportant deux titres de champion d’Italie, une Coupe nationale et deux Supercoupes. Son retour à Manchester United, où il avait connu la gloire entre 2003 et 2009, s’est toutefois soldé par un échec retentissant après une saison et demie marquée par des tensions avec l’entraîneur Erik ten Hag.
Le quadruple vainqueur de la Ligue des champions a ensuite pris la direction de l’Arabie saoudite en janvier 2023 pour rejoindre Al-Nassr, club de la Saudi Pro League, où il poursuit désormais sa carrière à 40 ans. Malgré cette nouvelle étape dans le Golfe, les démêlés juridiques avec son ancien employeur italien ont continué de ponctuer son actualité extra-sportive jusqu’à ce dénouement favorable.
La Juventus face aux conséquences durables de sa gestion de crise pandémique
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés juridiques pour le club turinois liées à sa gestion financière durant la période Covid. Les arrangements salariaux négociés avec les joueurs, qualifiés de « manœuvre salariale » par la presse transalpine, ont fait l’objet d’enquêtes approfondies de la part des autorités italiennes dans le cadre des affaires dites Prisma et Plusvalenza. Ces investigations portant sur des irrégularités comptables et des plus-values fictives ont déjà coûté cher au club en termes d’image et de sanctions sportives. La somme versée au joueur portugais avait déjà été provisionnée dans les comptes de l’exercice 2023-2024, anticipant une issue défavorable de la procédure d’appel. La direction bianconera conserve théoriquement la possibilité de contester une nouvelle fois ce verdict devant une juridiction supérieure et étudie actuellement les options qui s’offrent à elle pour tenter de récupérer les fonds versés.



