La Chine met en orbite un satellite algérien pour la prévention des catastrophes

Depuis quelques années, l’espace est devenu un domaine d’intérêt stratégique pour de nombreux États. L’observation de la Terre par satellite n’est plus réservée aux grandes puissances technologiques : elle répond désormais à des besoins concrets de gestion du territoire, de suivi des ressources naturelles et de protection des populations face aux aléas climatiques. Dans ce mouvement, plusieurs pays africains investissent progressivement dans des outils spatiaux adaptés à leurs priorités nationales. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le récent lancement d’un satellite algérien, confié à l’expertise spatiale chinoise.

La Chine a procédé, samedi, à la mise en orbite d’un satellite algérien de télédétection depuis le centre spatial de Jiuquan, situé dans le nord-ouest du pays. L’opération s’est déroulée sans incident, confirmant la capacité du lanceur à placer l’engin sur son orbite prévue. Cette nouvelle coopération spatiale marque une étape importante pour l’Algérie dans le développement de ses outils d’observation de la Terre.

Coopération spatiale entre la Chine et l’Algérie autour de la télédétection

Le satellite algérien a été lancé à l’aide d’une fusée porteuse Longue Marche-2C, un modèle éprouvé de la famille des lanceurs chinois. Le décollage a eu lieu à la mi-journée, heure locale, et les équipes techniques ont confirmé quelques minutes plus tard la réussite complète de la mission. Cette opération correspond à la 629ᵉ mission de la série des fusées Longue Marche, illustrant l’intensité de l’activité spatiale chinoise.

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Au-delà de la performance technique, ce lancement reflète un partenariat ciblé entre Pékin et Alger. En confiant la mise en orbite de son satellite à la Chine, l’Algérie s’appuie sur une infrastructure spatiale opérationnelle et sur une expérience reconnue dans le domaine des lancements orbitaux. Pour la Chine, il s’agit d’une nouvelle collaboration internationale dans le secteur spatial civil, un domaine où elle multiplie les projets avec des pays émergents.

Le satellite, conçu pour l’observation de la Terre, vient renforcer les capacités algériennes en matière de collecte de données géospatiales. Ces informations sont essentielles pour appuyer les politiques publiques et améliorer la prise de décision dans plusieurs secteurs clés.

Un satellite algérien au service de l’aménagement du territoire et de la gestion des risques

L’usage principal du satellite concerne l’aménagement du territoire. Grâce aux images et aux données qu’il fournira, les autorités algériennes disposeront d’outils plus précis pour analyser l’occupation des sols, suivre l’évolution des zones urbaines et rurales, et planifier les infrastructures. La télédétection permet notamment d’identifier les dynamiques de croissance urbaine, d’évaluer l’état des réseaux existants et de mieux orienter les projets de développement.

Un autre volet central concerne la prévention et l’atténuation des catastrophes naturelles. Les données satellitaires jouent un rôle clé dans la surveillance des phénomènes à risque tels que les inondations, les glissements de terrain ou la dégradation de certains écosystèmes. En disposant d’images régulières et exploitables, les services compétents peuvent renforcer les systèmes d’alerte, améliorer la préparation des interventions et limiter les impacts humains et matériels lors de situations d’urgence.

Ce satellite ne se substitue pas aux dispositifs existants, mais vient compléter les moyens déjà mobilisés par l’Algérie dans la gestion des risques. Il offre une source d’information autonome, adaptée aux réalités du terrain et aux besoins nationaux, tout en réduisant la dépendance à des données étrangères.

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