Les relations entre le prince Harry et Donald Trump n’ont jamais été sereines. Dès 2016, le duc de Sussex avait exprimé publiquement son soutien à Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle américaine, marquant le début d’une distance assumée avec le milliardaire républicain. L’installation du couple Sussex en Californie en 2020 avait ravivé ces tensions, Trump déclarant que les États-Unis ne paieraient pas pour leur sécurité. Plus récemment, en décembre 2025, Harry s’était moqué du président américain lors d’une apparition dans l’émission de Stephen Colbert. Cette fois, le ton est monté d’un cran avec une confrontation directe autour d’un sujet particulièrement sensible pour l’ancien militaire britannique.
Le vétéran d’Afghanistan répond aux propos de Trump sur l’OTAN
Tout est parti d’une interview accordée par le président américain à Fox Business depuis Davos, le 22 janvier. Donald Trump y a remis en question la fiabilité des alliés de l’OTAN, affirmant que lors de la guerre en Afghanistan, ces derniers « sont restés un peu en retrait, loin des lignes de front » et que Washington n’avait « jamais eu besoin d’eux ». Des propos qui ont provoqué une onde de choc au Royaume-Uni.
Le prince Harry a réagi dès le lendemain par un communiqué particulièrement virulent. Le fils cadet du roi Charles III a tenu à rappeler qu’en 2001, l’Alliance atlantique avait invoqué pour la première et unique fois de son histoire l’article 5, obligeant tous les pays membres à se ranger aux côtés des États-Unis. « J’y ai servi. J’y ai noué des amitiés pour la vie. Et j’y ai perdu des amis », a-t-il déclaré. Le duc de Sussex a également souligné que le Royaume-Uni avait déploré à lui seul 457 militaires tués durant ce conflit.
Les familles endeuillées au cœur de la réponse du duc de Sussex
Sans jamais nommer directement le président américain, Harry a choisi de mettre en avant les sacrifices humains consentis par les familles britanniques. « Des mères et des pères ont enterré leurs fils et leurs filles. Des enfants se sont retrouvés sans parent », a-t-il martelé, appelant à ce que ces pertes soient évoquées « avec vérité et respect ».
Le Premier ministre Keir Starmer a emboîté le pas au prince, qualifiant les déclarations de Trump d’« insultantes » et « révoltantes ». Le chef du gouvernement britannique a exigé des excuses, rendant hommage au courage et à la bravoure des soldats tombés au combat. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a également condamné ces propos, rappelant que son pays avait perdu 44 soldats en Afghanistan.
La Maison-Blanche n’a pas fait amende honorable, se contentant de réaffirmer que le président avait « entièrement raison ». Cette passe d’armes montre la fracture grandissante entre Washington et ses partenaires historiques, alors que Trump continue de remettre en cause les fondements de la solidarité transatlantique. Pour le prince Harry, ancien pilote d’hélicoptère Apache qui a effectué deux missions sur le terrain afghan, ces attaques contre l’engagement des alliés constituent manifestement une ligne rouge à ne pas franchir.



