La Commission électorale nationale autonome (CENA) a rendu publique, ce samedi 17 janvier, la liste provisoire des députés issus des dernières élections législatives. Au-delà des chiffres et des pourcentages, cette publication esquisse déjà les contours d’un Parlement largement acquis à la mouvance présidentielle, marqué par des retours politiques, des confirmations stratégiques et quelques signaux forts en direction du renouvellement générationnel.
Selon les résultats provisoires, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) arrive en tête avec 41,15 % des suffrages exprimés, suivie de près par le Bloc Républicain (BR) qui totalise 36,64 %. Le parti Les Démocrates (LD) se classe troisième avec 16,14 %, tandis que la FCBE (4,86 %) et le MOELE-BÉNIN (1,21 %) ferment la marche.
En application du Code électoral, seuls les partis ayant franchi le seuil requis participent à la répartition des sièges. Résultat : l’UP-R obtient 60 sièges contre 49 pour le BR, dessinant une Assemblée nationale de 109 députés entièrement contrôlée par ces deux formations.
Ministres candidats : un carton plein
Fait politique majeur de ce scrutin : tous les ministres du président Patrice Talon engagés dans la course ont été élus députés. Une démonstration de force politique qui traduit à la fois l’implantation territoriale de l’exécutif et la discipline des électorats acquis à la majorité. À l’UP-R, Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, fait de nouveau son entrée au Parlement par la 22ᵉ circonscription électorale, avec Gilles Ezin Zounguè comme suppléant.
Le Bloc Républicain et ses figures de proue
Le Bloc Républicain affiche une présence gouvernementale plus fournie. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État et poids lourd du parti, conduit la liste dans la 13ᵉ circonscription, avec Idrissou Amadou comme suppléant. Dans la même circonscription, Alimatou Sadiya Assouma, ministre de l’Industrie et du Commerce, est élue sur le siège exclusivement réservé aux femmes, accompagnée de Mounifa Karim Tidjani, députée sortante. Dans la 10ᵉ circonscription, Éléonore Yayi Ladekan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, décroche également le siège féminin, avec Kouderin Ayeto Lucie comme suppléante.
Retours politiques et confirmations locales
La liste provisoire confirme le retour à l’Assemblée nationale de Claudine Afiavi Prudencio, sous la bannière de l’UP-R, marquant une continuité politique pour cette figure bien connue de l’hémicycle. Autre signal fort : Luc Atrokpo, actuel maire de Cotonou, est élu député. Son suppléant, Michel Loucou, alias Alèkpéhanhou, n’est pas un inconnu du public. Chef de l’arrondissement de Sèhoun (commune d’Abomey) et figure emblématique du rythme zinli, il incarne ce croisement entre enracinement culturel et engagement politique local.
Les dissidents LD toujours présents…
La liste provisoire acte le retour à l’Assemblée des députés ayant quitté la formation politique LD lors de la législature écoulée. Ce come-back institutionnel intervient cependant dans un contexte tendu : cinq députés en exercice — Joël Godonou, Chantal Adjovi, Léansou Do Régo, Denise Hounmènou et Constant Nahoum — ont annoncé leur démission du parti, révélant une crise interne profonde. À cela s’ajoute le cas de Michel Sodjinou, symbole d’une recomposition encore inachevée au sein de cette opposition parlementaire.
Le fait marquant : la percée de la jeunesse
Parmi les singularités de cette nouvelle législature, un nom retient particulièrement l’attention : Youssouf Issa. Élu député UP-R de la 1ʳᵉ circonscription électorale (Kandi–Malanville–Karimama), il devient, à 31 ans, le plus jeune député de l’Assemblée nationale. Fils de Issa Salifou, dit Salé, Youssouf Issa incarne une nouvelle génération de responsables politiques, portée par l’héritage mais résolument tournée vers l’avenir. Son élection symbolise l’ouverture progressive de l’hémicycle à une relève générationnelle longtemps attendue.


